**Objection musulmane** : Les sources romaines et juives sont tardives, partiales ou interpolées ; on ne peut donc pas s'appuyer sur elles pour affirmer que Jésus est mort crucifié. Le Coran, parole divine, corrige ces récits.
**Réponse** :
Tacite, Annales XV, 44, écrit sans sympathie chrétienne que « Christ, d'où leur nom, fut condamné au supplice par le procurateur
Ponce Pilate, sous Tibère ».
Tacite n'est pas chrétien ; il méprise le mouvement.
Flavius Josèphe, Antiquités XVIII, 3, 3, rapporte que Pilate condamna Jésus à la croix ; malgré des retouches chrétiennes dans le Testimonium Flavianum, le noyau factuel de l'exécution par Pilate est retenu par la majorité des spécialistes. Le Talmud, Sanhédrin 43a, confirme qu'un certain Yeshu fut exécuté la veille de Pâque, sans nier la crucifixion. Ces trois sources sont indépendantes, non chrétiennes, et hostiles. Archéologiquement, l'inscription de Césarée découverte en 1961, portant le nom de
Ponce Pilate, préfet de Judée, matérialise l'existence du juge cité par les Évangiles. Aucun historien antique ne conteste la crucifixion ; même la recherche sécularisée la tient pour établie. Le Coran, écrit six cents ans après, ne fournit aucune source, aucun témoin, aucune preuve : il affirme le contraire sans documenter l'événement. Une source tardive ne peut renverser le témoignage convergent des contemporains et des adversaires. Si des ennemis romains, juifs et païens reconnaissent l'exécution, c'est qu'ils n'avaient aucun intérêt à inventer un fait gênant. La négation coranique relève de l'affirmation dogmatique, pas de l'histoire.