â ïž Correspondance apocryphe de Saint Paul et des Corinthiens
Texte apocryphe â rejetĂ© du canon biblique
La correspondance apocryphe de Saint Paul et des Corinthiens.
Ă LâENTRĂE DU SITE
A LA TABLE DES MATIĂRES DÎS APOCRYPHES
LA CORRESPONDANCE APOCRYPHE
DE SAINT PAUL ET DES CORINTHIENS
Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer
LA CORRESPONDANCE
APOCRYPHE DE SAINT PAUL
ET DES CORINTHIENS
ANCIENNE VERSION LATINE ET TRADUCTION DU
Un apocryphe de lâapĂŽtre Paul est toujours digne
dâintĂ©rĂȘt. Le texte que nous allons faire connaĂźtre apporte une lumiĂšre nouvelle
sur un document curieux, peu Ă©tudiĂ© jusquâĂ prĂ©sent, mais sur lequel des travaux
tout rĂ©cents viennent dâattirer lâattention des thĂ©ologiens et des
orientalistes. Il sâagit de la troisiĂšme EpĂźtre de saint Paul aux Corinthiens,
ou plutĂŽt de la correspondance apocryphe des Corinthiens et de saint Paul, â car
il y a deux lettres, une des Corinthiens à saint Paul et la réponse de saint
Paul aux Corinthiens, âqui nous a Ă©tĂ© transmise dans une traduction armĂ©nienne.
Ce texte nâexistant quâen armĂ©nien, et nâayant jamais Ă©tĂ© mentionnĂ© par les
écrivains ecclésiastiques grecs et latins, on inclinait à y voir une production
du christianisme oriental, un écrit primitivement rédigé en langue syriaque pour
combattre quelque hĂ©rĂ©sie syrienne ou mĂ©sopotamienne. La dĂ©couverte dâune
version latine fort ancienne, faite évidemment sur un texte grec, est de nature
Ă changer de tout au tout les conditions du problĂšme. Aussi nous hĂątons-nous de
publier ce texte, sans lâaccompagner aujourdâhui dâune Ă©tude critique, et nous
rĂ©servant de reprendre la question dans un prochain travail. Lâintelligence de
la version latine sera facilitée par une traduction du texte arménien, mieux
conservé que le latin, mais qui nous offre selon toute apparence une recension
plus moderne de lâoriginal.
La correspondance des Corinthiens avec saint Paul
se trouve dans presque tous les exemplaires manuscrits de la Bible arménienne,
dans le plus grand nombre à la fin des quatorze épßtres de Paul, dans
quelques-uns immédiatement aprÚs la seconde épßtre aux Corinthiens. [1]
Câest cette derniĂšre place quâelle occupe dans la traduction armĂ©nienne des
commentaires de saint Ephrem sur le Nouveau Testament. [2]
Si lâauthenticitĂ© de cette partie des commentaires dâEphrem peut donner lieu Ă
discussion, [3]
en revanche il nâest guĂšre contestable que le texte de 3 Corinthiens qui y est
partiellement reproduit paraĂźt plus ancien que celui des manuscrits bibliques.
Malgré le haut patronage qui aurait été accordé à notre apocryphe par le prince
des commentateurs syriens, on nâa relevĂ© jusquâĂ prĂ©sent aucune citation de ce
document dans les écrits syriaques [4]
et fort peu dans la littérature arménienne. [5]
Nous sommes mieux renseignés par les catalogues de
livres saints. MĂ©khithar dâAĂŻrivank, chroniqueur armĂ©nien de la fin du treiziĂšme
siĂšcle, insĂ©ra dans son ouvrage une sorte de Canon biblique dâaprĂšs Jean le
Diacre, qui vivait Ă la fin du onziĂšme siĂšcle. [6]
Les livres du Nouveau Testament y sont rangĂ©s dans lâordre suivant: QUATRE
ĂVANGĂLISTES: Jean, Matthieu, Marc, Luc. Actes des ApĂŽtres.
EPITRES CATHOLIQUES: Jacques ; 1 et 2 Pierre; 1, 2 et 3 Jean; Jude.
Apocalypse. [EPITRES DE SAINT PAUL:] 1 et 2 Thessaloniciens, 1, 2 et 3
Corinthiens, Romains, Hébreux, 1 Timothée, Tite, Calcites, Ephésiens, Philémon,
Colossiens, Philippiens, 2 TimothĂ©e. ImmĂ©diatement aprĂšs, le mĂȘme
chroniqueur indique un autre ordre pour les épßtres de Paul « suivant une liste
trouvée par Clément [7]  » :
Romains, 1, 2 et 3 Corinthiens, Galates, Ephésiens, Philippiens, Colossiens, 1
et 2 Thessaloniciens, Hébreux, 1 et 2 Timothée, Tite, Philémon, Voici donc
deux listes de livres canoniques, oĂč notre apocryphe figure au mĂȘme titre et Ă
cÎté des deux épßtres authentiques. Ce fait suffit à montrer de quel crédit il
jouissait Ă une certaine Ă©poque dans lâEglise armĂ©nienne.
Il ne fut connu et cité pour la premiÚre fois en
Europe que vers le milieu du dix-septiĂšme siĂšcle. Le cĂ©lĂšbre archevĂȘque Usher (Usserius)
fait mention, en 1644, dâun manuscrit armĂ©nien copiĂ© Ă Smyrne et contenant, avec
une traduction italienne, la correspondance de saint Paul et des Corinthiens. Ce
manuscrit, ayant passé sur le continent, devint la propriété de Frédéric Masson,
qui publia les deux lettres en latin dans le dixiĂšme volume de lâ Histoire
critique de la république des lettres . [8]
LâannĂ©e suivante, en 1715, David Wilkins en donna la premiĂšre Ă©dition armĂ©nienne [9]
avec une version latine qui fut révisée ou plutÎt refaite en 1716 par La
Croze. Ces deux traductions de Wilkins et de La Croze, réimprimées par Fabricius
dans la troisiĂšme partie de son Cottes apocryphus Novi Testamenti , [10]
forment certainement le texte le plus
rĂ©pandu de notre apocryphe, et de nos jours encore, en 1856, lâauteur du
Dictionnaire des apocryphes de la collection Migne a cru satisfaire aux
besoins de ses lecteurs en mettant en français le latin de la version de
Wilkins, la plus imparfaite des deux. Il nâexiste pas, Ă notre connaissance,
dâautre traduction en langue française.
Malheureusement le manuscrit de Smyrne offrait un
texte fort incomplet. Il ne contenait pas le fragment historique qui sépare les
deux Ă©pĂźtres et raconte oĂč et dans quelles circonstances saint Paul reçut la
lettre des Corinthiens et écrivit sa réponse. De plus, la lettre de saint Paul
était tronquée et ne comprenait que dix versets sur quarante.
Un autre manuscrit, complet cette fois, mais assez
incorrect, fut rapportĂ© dâAlep par Guillaume Whiston et envoyĂ© Ă La Croze pour
en obtenir une nouvelle traduction qui fut publiée en Angleterre en 1727 et plus
tard dans la correspondance du savant bibliothécaire de Berlin. [11]
La Croze, qui prĂ©cĂ©demment avait fait descendre jusquâau dixiĂšme ou au
commencement du onziÚme siÚcle la composition de la troisiÚme épßtre aux
Corinthiens, changea dâavis en Ă©tudiant le nouveau texte et Ă©mit lâhypothĂšse
intéressante que nous avons là un fragment des Actes de saint Paul,
apocryphe depuis longtemps perdu. Les deux fils de Guillaume Whiston, qui
avaient appris lâarmĂ©nien, joignirent Ă leur cĂ©lĂšbre Ă©dition de lâhistorien
MoĂŻse de Khoren [12]
un appendice contenant le texte du manuscrit dâAlep, avec une traduction latine
et une traduction grecque qui furent réimprimées à Leipzig, en 1776, par les
soins de B. Carpzov.
Zohrab, pÚre mékhitariste du couvent de
Saint-Lazare, à Venise, donna le premier une édition critique du texte de nos
épßtres à la suite de sa grande édition de la Bible arménienne qui parut en
1805. Il se servit pour cela de huit manuscrits plus ou moins anciens dont il
nota soigneusement les variantes, mais en nĂ©gligeant dâindiquer pour chacune
dâelles le manuscrit qui la prĂ©sentait. MalgrĂ© cette grave lacune, lâĂ©dition de
Zohrab, beaucoup plus correcte que les prĂ©cĂ©dentes, est jusquâĂ prĂ©sent celle
qui doit servir de base Ă tout travail critique sur le texte de 3 Corinthiens.
Elle a été reproduite, avec fort peu de changements, dans les deux éditions de
la grammaire arménienne anglaise du P. Pascal Aucher, [13]
avec une traduction anglaise due Ă la plume de lord Byron, [14]
mais non Ă sa connaissance de lâarmĂ©nien.
Ce fut Ă©galement Ă lâobligeance et Ă la science du
P. P. Aucher que Rinek dut de pouvoir écrire en 1823 le plus important travail
dont la correspondance de Paul avec les Corinthiens eĂ»t encore Ă©tĂ© lâobjet, [15]
avec une traduction bien supérieure à toutes celles qui avaient déjà été faites.
Binck ne savait pas lâarmĂ©nien et son collaborateur ne comprenait pas
lâallemand; ce fut donc seulement en italien et en latin quâils purent
échanger leurs observations philologiques. Il en résulta néanmoins une étude
sĂ©rieuse du texte et de ses diverses variantes, mais lâensemble du travail fut
compromis par lâidĂ©e malencontreuse quâeut Binck de dĂ©fendre lâauthenticitĂ© des
deux lettres, dont personne nâavait parlĂ© depuis Guillaume Whiston, le pĂšre
Ullman ne sâen crut pas moins obligĂ© de rĂ©futer cette Ă©trange thĂšse. [16]
Il nous faut descendre jusquâĂ ces derniers mois
pour trouver de nouvelles Ă©tudes sur le texte de 3 Corinthiens. Presque en mĂȘme
temps, Ă quelques semaines dâintervalle et indĂ©pendamment lâun de lâautre, deux
savants allemands viennent de consacrer Ă cet apocryphe des travaux fort
importants et du plus haut intĂ©rĂȘt.
Le premier en date, M. P. Vetter, jeune théologien
catholique du Wurtemberg qui vient dâĂȘtre nommĂ© professeur Ă lâUniversitĂ© de
TĂŒbingen, a publiĂ© dans le dernier cahier de lâannĂ©e 1890 de la Theologische
Quartalschrift le premier article dâune Ă©tude intitulĂ©s: La troisiĂšme Ă©pĂźtre
apocryphe aux Corinthiens; traduction nouvelle et essai sur son origine.
Lâauteur indique ses conclusions dĂšs la premiĂšre page: « Cette correspondance
apocryphe a Ă©tĂ© composĂ©e en Syrie, probablement Ă Edesse, vers lâan 200, sous le
rĂšgne du roi Abgar VIII et lâĂ©piscopat de Palout, pour combattre la doctrine du
gnostique Bardesane dâEdesse ». Nous nâavons pas encore reçu la suite du travail
oĂč cette thĂšse si nettement formulĂ©e doit ĂȘtre dĂ©montrĂ©e. Mais la premiĂšre
partie est celle qui nous intĂ©resse le plus aujourdâhui. Elle comprend: 1° une
traduction nouvelle de lâarmĂ©nien, faite sur un texte critiquement Ă©tabli
dâaprĂšs les manuscrits dĂ©jĂ Ă©numĂ©rĂ©s, plus un manuscrit de Paris et le
commentaire de S. Ephrem que M. Vetter a signalĂ© le premier, bien quâil soit
imprimé depuis 1836; 2° une traduction fort soignée de ce commentaire. Il est
bien regrettable que le manque de caractĂšres ait empĂȘchĂ© M. Vetter de nous
donner dans la langue originale le texte Ă lâamĂ©lioration duquel il sâest
appliqué avec tant de soin.
M. Th. Zahn, professeur de thĂ©ologie Ă
lâUniversitĂ© de Leipzig, a Ă©galement Ă©tudiĂ© 3 Corinthiens dans un fascicule de
son Histoire du Canon du Nouveau
Testament [17]
qui porte la date de 1891. Lui aussi
attache une trĂšs grande importance au commentaire dâEphrem, dont il publie
intégralement une traduction due à un Arménien, M. Kanaiantz, en distinguant par
la diversitĂ© des caractĂšres dâimprimerie le texte de lâoriginal dâavec la
paraphrase du commentateur. M. Zahn ne sait malheureusement pas lâarmĂ©nien; sâil
avait pu comparer lui-mĂȘme le commentaire avec le texte des lettres, et surtout
consulter la version latine qui fait le principal objet de la présente
publication, il nâaurait assurĂ©ment pas dit que le texte commentĂ© Ă©tait dĂ©jĂ
lui-mĂȘme souvent devenu une paraphrase, tout en reconnaissant que, par son
origine et ses tĂ©moins, il devait ĂȘtre plus ancien que le texte des manuscrits
bibliques. Il attribue Ă la correspondance de Paul et des Corinthiens une date
plus haute encore que celle proposĂ©e par M. Vetter. Reprenant lâhypothĂšse
avancĂ©e dâabord par La Croze en 1727, M. Zahn voit dans nos deux lettres un
fragment extrait des Actes de saint Peut mentionnés par OrigÚne">OrigÚne et dont
la composition remonterait au second siĂšcle,
Un point assez important du débat, sur lequel nos
auteurs ne se prononcent pas bien nettement, est celui-ci: De quelle langue, du
grec ou du syriaque, nos lettres ont-elles passĂ© en armĂ©nien? M. Vetter croit Ă
une origine syriaque; M. Zahn suppose un texte grec primitif, mais admet que
pendant assez longtemps lâapocryphe a fait partie du canon de lâEglise dâEdesse
puisquâil a Ă©tĂ© commentĂ© par S. Ephrem; selon toute vraisemblance il aurait donc
été traduit du syriaque.
Le texte latin que nos lecteurs trouveront plus
loin nous paraßt condamner la thÚse de M. Vetter, il a été traduit du grec, cela
est certain. Or il recouvre en maint endroit si exactement lâarmĂ©nien que lâon
doit admettre que les deux versions proviennent dâune mĂȘme source; tout au plus
pourrait-on supposer une version syriaque absolument littérale dont découlerait
lâarmĂ©nien, mais un original syriaque nâest en aucune maniĂšre admissible. Il nây
a du reste dans le texte arménien aucune trace de provenance syriaque.
De plus, une comparaison attentive entre la
traduction latine et le texte suivi par le commentaire dâEphrem nous amĂšne Ă
conclure que les deux textes appartiennent Ăš une mĂȘme recension, plus ancienne
que la recension contenue dans les manuscrits bibliques arméniens. Celle-ci en
effet offre une certaine quantitĂ© de gloses introduites dans le texte, et mĂȘme
un verset en double rédaction (cf. Epßtre de Paul, v. 24 et 25.)
Pour terminer cette rapide esquisse de lâhistoire
de 3 Corinthiens, deux mots sur la traduction qui suit le texte latin. Nous
avons suivi le texte de Zohrab, sauf dans un petit nombre de passages oĂč nous
avons prĂ©fĂ©rĂ© des variantes notĂ©es par Zohrab lui-mĂȘme. En mĂȘme temps nous avons
visé à une scrupuleuse fidélité, mais en tenant compte des exigences de la
langue française et sans nous astreindre à un servile littéralisme. Enfin nous
avons admis la coupe des versets proposĂ©e par Vetter, qui lui-mĂȘme sâest presque
toujours conformĂ© au travail de Binck. Il nâĂ©tait pas possible de garder les
versets du texte arménien.
Quant au texte latin, dont il vient dâĂȘtre
question, voici de quelle maniĂšre nous en avons eu connaissance.
Tandis quâen octobre 1890 je travaillais Ă la
bibliothĂšque Ambrosienne de Milan, sous lâĆil bienveillant du savant prĂ©fet de
la bibliothĂšque, lâabbĂ© Ceriani, jâeus lâoccasion dâexaminer une bible latine
qui porte la cote E 53 inferior. Les livres de la Bible sont rangés, dans
ce manuscrit, suivant un ordre qui paraĂźtrait incomprĂ©hensible si lâon ne savait
que câest peu prĂšs exactement lâordre dans lequel les livres bibliques sont lus,
dans le cours de lâannĂ©e, aux offices ecclĂ©siastiques. [18]
Une note Ă©crite en tĂȘte du volume rend le lecteur attentif Ă cette disposition
curieuse, et dont je ne pense pas quâon trouve un autre exemple aussi ancien;
elle nous indique en mĂȘme temps la provenance du manuscrit:
Hoc porro ordine conscriptos sacros
hosce libros reor, quo illos Ambrosiana ecclesia in matutinis precibus legit. [19] .
Utpote hic codex fuit usque praepositurae SS . Petri et Pauli de
Abiascha, in Lepontiis, atque a praesentissimo
interitu pecunia redemptus hoc anno MDCCLXXVI.
est le nom latin de Biasca, village situé dans la
haute vallée du Tessin, sur la route du Saint-Gothard. [20]
Câest donc de ce coin reculĂ© des Alpes que provient notre volume: il se ressent
de lâĂ©tat de ruine oĂč il Ă©tait lorsque le bibliothĂ©caire B. Oltroschi le sauva
de la destruction. [21]
Le manuscrit nâest probablement pas antĂ©rieur au dixiĂšme siĂšcle, il nâest
certainement pas plus rĂ©cent. Le texte quâil contient est la Vulgate">Vulgate, mais mĂȘlĂ©e
de beaucoup dâĂ©lĂ©ments empruntĂ©s aux anciennes versions. Ce texte est curieux Ă
tous égards; il ne ressemble pas à ceux que Bobbio nous a légués ou que Monza
nous a conservĂ©s. Les analogues en devraient ĂȘtre cherchĂ©s fort loin. Certaines
préfaces et certains sommaires ne se rencontrent pas ailleurs. Est-ce un texte
erratique, Ă©garĂ© dans ces hautes vallĂ©es, ou nâest-ce pas plutĂŽt le tĂ©moin dâune
trĂšs ancienne tradition? Nous ne saurions le dire.
A la fin du manuscrit, au feuillet 469, on lit,
aprĂšs les mots Explicit epistula Pauli ad Hebreos ,
les textes suivants, Ă©crits de la mĂȘme main que ce qui prĂ©cĂšde, mais
malheureusement trÚs effacés et, en quelques passages, entiÚrement illisibles:
Incipiunt scripte Corinthiorum ab
apostolum Paulum.
..............................................................................................
Incipit rescriptum Pauli apostoli ad
..............................................................................................
Incipit eiusdem Pauli apostoli a[d
Laodicenses]. (Ce dernier titre est
presque illisible.) [22]
Les deux premiers de ces textes sont publiés
ci-dessous. Pris de court par mon départ et découragé par le peu de lumiÚre qui
pĂ©nĂštre, en un jour dâautomne, dans la salle de lâAmbrosienne, je nâavais pas
achevé de copier la correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens.
Mes notes en comprenaient à peine la premiÚre moitié. Mais lorsque la lecture de
lâintĂ©ressant article de M. Vetter mâeut montrĂ©, peu de semaines aprĂšs,
lâactualitĂ© de ce sujet, je rĂ©solus dâinvoquer lâaide dâun jeune docteur de
lâAmbrosienne, lâabbĂ© A. Ratti, dont jâavais pu apprĂ©cier, dans une excursion
faite ensemble Ă Monza, le bon esprit scientifique et la parfaite obligeance.
Jâavais dâabord essayĂ© de dĂ©terminer M. P. Corssen, qui avait avant moi pris
copie des mĂȘmes piĂšces, Ă les publier Ă ma place, mais M. Corssen sây Ă©tait
refusé avec la délicatesse que je lui connais. M. Ratti voulut bien à la fois
revoir mes notes et continuer ma copie. Il eut Ă©galement lâobligeance de se
charger de faire photographier sous ses yeux les pages en question. Ce que son
travail a dĂ» ĂȘtre, ceux-lĂ seuls le comprendront qui savent en quel triste Ă©tat
est le verso du feuillet 169. Câest pourquoi lâĂ©tablissement du texte qui va
suivre lui appartient au moins autant quâĂ moi. Je nâai pas craint de demander
en outre Ă M. Corssen de vouloir bien collationner notre transcription avec la
copie quâil avait prise, et ii y s mis le plus bienveillant empressement. Enfin
M. Ceriani a en lâextrĂȘme obligeance de revoir le manuscrit une derniĂšre fois
dans les passages douteux. Dans lâĂ©tat de dĂ©labrement oĂč est lâunique manuscrit,
il a été nécessaire de recourir en plusieurs endroits, pour restaurer le texte,
à la conjecture, et la traduction arménienne a été en cela notre guide. Sans
elle, la lecture du texte tout entier aurait été presque impossible.
Nous avons naturellement reproduit la version
latine avec toutes les incorrections qui appartiennent au traducteur et avec
celles qui sont le fait du copiste, augmentées de celles qui ont sans doute pour
cause lâinsuffisance de notre lecture. Dâautres peut-ĂȘtre liront mieux que nous.
Quant aux sept ou huit lignes qui sont entiÚrement détruites dans le manuscrit,
nous avons essayĂ© de les rĂ©tablir dâaprĂšs le texte armĂ©nien, sans attacher du
reste aucune importance à notre restitution et uniquement afin de présenter au
lecteur un texte complet. Les passages rétablis par conjecture et ceux dont la
lecture est douteuse sont imprimés en italique. Notre transcription est faite
ligne pour ligne, et donne autant que possible la représentation fidÚle du
F° 169, col. 1.
SCRIPTA CORINTHIORUM
APOSTOLUM PAULUM
Stephanus et qui cum eo sunt omuns
maiores natu Daphinus et Eubolus et Theophilus et Zenon, Paulo fratri in Domino
aeternam salutem. [2] Superuenerunt Corintho uiri duo, Simon quidam et Cleobius,
qui corundam fidem peruertunt uerbis adulteris, [3] quod tu proba. [4] Numquam
enim audiuimus a te talia
neque ab aliis apostolis.
5 Hoc autem scimus , quod
mania quae a te audiuimus et ab illis firmiter obseruamus. [6]
Sed in hoc misertus est nostri Dominus, quod audiemus iterum ex te
in carne tua. [7] Citatum ergo fac aduentum tuum ad nos. [8]
Credimus enim sicut adapertum est Theonae, quoniam liberauit te Dominos
de manu iniqui. Petimus ut rescribas nobis. [9] Sunt enim quae dicunt et docent
talia : [10] Non debere inquiunt natibus credi, [11] neque esse Deum
omnipotentem [12] neque esse resurrectionem carnis, [13] sed nec esse figmentum
hominem Dei, [14] sed neqne in carne uenisse Christum, sed neque ex Maria natum,
15 sed nec esse saeculum Dei sed nuntiorum. [16] Propter quod petirnus,
frater, omni necessitate cura uenire ad nos, ut non in offensam maneat
Corinthiorum eclesia, et corum dementia inanis inueniatur. Vale in Domino.
RESCRIPTUM PAULI
Paulus uinctus Ihesu Christi his qui
sunt Corintho fratribus in Domino salutem. In multis cum essem tediis [2] non
miror si sic tam cito percurrunt maligni decreta. [3] Quia Dominas meus Ihesus
Christus citatum aduentum suum faciet, decipiens eos qui adulterant uerbum eius.
4 Ego enim ab initio tradidi nobis que et accepi et tradita sunt mihi a Domino
et eis qui ante me sunt apostoli et fuerunt omni tempore cum Christo Jhesu, [5]
quoniam dominus noster Ihesus Christus ex virgine Maria natus est ex semine
Dauid secundum carnem de sancto Spiritu de caelo a Patre misso in eam per
angelum Gabrihel, [6] ut in hunc mundum prodiret Ihesus in carne, ut libera ret
omnem carnem per suam natiuitatem, et ut ex mortuis nos excitet corporales sicut
et ipse est. [7] Tipum nobis ostendit quia homo a Patre eius finctus est.
8 Propter quod et perditus quaesitus est ab eo ut uiuiflcetur per filii
creationem [23]
[ut per quam carnem conuersatus est malus, per eam et uinceretur quia non est
Deus. Suo enim corpore Ihesus Christus saluauit omnem carnem [24] ].
9 Nam quia Deus omnium et omnia tenens, qui fecit caelum et terram, misit
primum Judaeis prophetas, ut peccatis abstraherentur, [10] consolatus enim
saluare domum Israel, partitus ergo a spiritu Christi misit in prophetas, qui
enarrauerunt Dei culturam et natiuitatem Christi, praedicantes temporibus multis.
11 Nam quia iniustus princeps, Deum uolens esse se, con sub manu negabat, et
omnem carnem hominum ad suam uoluntatem alligabat, et consummationes mundi
iudicio adpropinquabant. [12] Sed Deus omnipotens cum sit iustus, nolens
abicere suam finctionem, misertus est de caelis [13] et misit Spiritum sanctum
in Mariam in Galilea. [14] Quae ex totis praecordiis credidit, accepitque in
utero Spiritum sanctum, ut in seculum prodiret Ihesus, [15] ut per quam carnem
conuersatus est malus, per eam uinctus probatus est [25]
non esse Deus. [16] Suo enim corpore Ihesus Christus
F° 169 v°, col. 1.
saluauit omnem carnem et deduxit ad
uitam aeternam perfidem, [17]
ut iustitiae templum in corpore suo futuris temporibus pararet. [18] In
quo et nos ubi credidimus liberati sumus. [19] Sciatis etiam quia isti
non sunt iustitiĆ filii, qui cohibent Dei prudentiam, absque fide dicentes
non esse caelum et terram et omnia quae in eis sunt Patris opera. [20] Ipsi sunt
ergo filii irae, maledictam enim colubri fidem habent. [21] Quos repellite
a uobis et a doctrina eorum fugite. [22] Non enim estis fil
inobedientae sed amantissime ecclesiae. [23] Propterea resurrectionis
tempus praedicatum est. [24] Quod autem uobis dicunt resurrectionem non esse
camis, illis non erit resurrectio in uitam sed in iudicium eius, [25] quoniam
circa eum qui resurrexit a mortuis infideles sunt, non credentes aequo
intellegentes. [26] Neque enim uiri Corinthii sciunt tritici semina sicut
aliorum seminum quoniam nuda mittuntur in terra et simul corrupta deorsum surgum
in uoluntate Dei corporata et uestita. [27] Non solum corpus quod missum est
surgit, sed quamplurimum benedicens. [28] Et si non oportet a seminibus tantum
facere parabolam sed a dignioribus corporibus, [29] uide quia Ionas Amathi
filius, Nineuitis cum non praedicaret sed cum fugisset, a caeto gluttitus est;
30 et post triduum et tres noctes ex altissimo inferno tandem exaudiuit
Deus orationem Ionae et nihil illius corruptum est neque capillus neque palpebra.
31 Quanto magis ues pusilli fide et eos qui crediderunt in Christum Ihesum
excitabit sicut ipse surrexit. [32] Sicut enim super ossa Helisaei
prophete mortuus missus est a filiis Israel et resurrexit corpus et anima et
ossa et spiritus, quanto magis uos pusille fidei a mortuis in illa die
resurgetis habentes sanam carnem sicut et Christus resurrexit. [33] Similiter et
de Helia propheta filium uiduae a morte resuscitabit. Quanto magis nos dominos
Ihesus in uoce tube in note oculi a morte resuscitabit, sicut et ipse a mortuis
resurrexit. Tipum enim nobis in suo corpore ostendit. [34] Quod si quid aliud
recepistis, erit uobis Deus in testirnonium, et molestus mihi nemo sit.
Ego enim stigmata Christi in manibus habeo [35] ut Christum lucrer et stigmata
crucis eius in corpore mea, ut uenians in resurrectionem ex mortuis. [36] Et si
quisquam regulam accepit per felices prophetas et sanctum euangelium, manet,
mercedem accipiet et cum resurrexerit a mortuis uitam aeternam consequetur. [37]
Qui autem haec praeterit, ignis est cum illo et cum eis qui sic praecurrunt, qui
sine Deo sunt homines, [38] qui sunt genera uiperarum. [39] Quos repellite in
Domini potestate, [40] et erit nobiscum pax gratia et dilectio. Amen.
EPISTOLA AD CORINTHIOS TERTIA
TRADUCTION DU TEXTE
Corinthiens Ă lâapĂŽtre saint Paul.
1 Stéphanus et les anciens qui sont avec lui,
Dabnus, [26]
Eubulus, Théophile et Xinon, [27]
et Paul notre frĂšre, [28]
évangéliste et fidÚle docteur en Jésus-Christ, salut.
2 Deux hommes sont venus Ă Corinthe, Simon et
Cléobius, [29]
qui ébranlent [30]
fortement la foi de quelques-uns, les sĂ©duisant par dâabominables doctrines [3]
dont il faut que tu sois informĂ©; [4] car nous nâen avons jamais entendu de
semblables, ni de toi, ni des autres apĂŽtres, [5] et nous savons que ce que nous
avons entendu de toi et de ceux-ci, nous le gardons fidĂšlement. [6] Mais en ceci
le Seigneur nous a témoigné sa grande miséricorde, que nous pouvons de nouveau
recevoir tes enseignements pendant que tu es encore en chair au milieu de nous.
7 Ecris-nous donc maintenant, ou hĂąte-toi
de venir toi-mĂȘme chez nous, [8] car nous avons cette confiance dans le Seigneur
quâil tâa dĂ©livrĂ© des mains de lâimpie, comme cela a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© Ă ThĂ©onas. [31]
9 Voici les doctrines dâerreur quo ces impurs
annoncent et enseignent:
10 Il ne faut pas, disent-ils, recevoir les
11 Dieu nâest pas tout-puissant;
12 Il nây a pas de rĂ©surrection de la chair; [32]
13 Lâhomme nâa Ă©tĂ© nullement créé par Dieu;
14 JĂ©sus-Christ nâest pas nĂ© en chair de la
vierge Marie; [33]
15 Ils ne regardent point ce monde comme ayant
été créé par Dieu, mais par un certain ange.
16 Maintenant, frĂšre, prends la peine de venir
jusquâĂ nous, pour quâil nây ait pas de scandale dans la ville de Corinthe, et
que la folie de ces hommes, confondue devant tous par une répréhension publique,
Au nom du Seigneur, [34]
1 Les diacres Théreptus et Tychus prirent cette
lettre et la portÚrent dans la ville de Philippes. [2] Lorsque Paul la reçut,
bien quâil fĂ»t lui-mĂȘme dans les chaĂźnes Ă cause de Statonice, femme dâApollophane, [35]
comme sâil eĂ»t oubliĂ© ses liens, il fut dĂ©solĂ© des choses quâil apprenait, [2]
et dit en pleurant: « Comme il vaudrait mieux pour moi ĂȘtre mort et ĂȘtre avec le
Seigneur, quâici dans ce corps, entendant de telles choses, » et apprenant
les calamitĂ©s dâune fausse doctrine ! Une tristesse en effet vient sâajouter
Ă une autre tristesse. [4] Et comme surcroĂźt Ă de telles douleurs, ĂȘtre dans les
chaĂźnes, voir ces calamitĂ©s, ces angoisses, Satan sâefforçant de faire du mal Ă
ceux vers lesquels il est accouru avec ses machinations! » [5] Câest ainsi, au
milieu de nombreuses souffrances, que Paul répondit à la lettre des Corinthiens:
1 Paul, prisonnier pour Jésus-Christ, aux frÚres
de Corinthe, du milieu de mes nombreuses tribulations, salut.
2 Je ne suis nullement étonné de ce que les
séductions du malin se répandent si vite; [3] mais le Seigneur Jésus va hùter sa
venue, parce que lâon change et mĂ©prise ses commandements. [4] Pour moi, dĂšs le
commencement, je vous ai enseignĂ© ce que jâai reçu moi-mĂȘme des premiers
apÎtres, qui ont vécu tout le temps avec notre Seigneur Jésus-Christ.
5 Maintenant encore je vous dis [36]
que le Seigneur Jésus- Christ est né de la vierge Marie, qui était de la race de
David, selon les promesses de lâEsprit saint envoyĂ© du ciel en elle par le PĂšre,
6 afin que Jésus entrùt dans ce monde pour délivrer toute chair par sa chair
et nous ressusciter des morts, comme il nous en a donnĂ© lâexemple en sa
7 Pour quâil devint Ă©vident que lâhomme a Ă©tĂ©
créé par le PĂšre, [8] il nâa point Ă©tĂ© abandonnĂ© dans la perdition, mais il a
Ă©tĂ© recherchĂ© pour ĂȘtre vivifiĂ© par lâadoption. [9] Car Dieu, le maĂźtre de
toutes choses, le pÚre de notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui a créé le ciel
et la terre, a dâabord envoyĂ© les prophĂštes aux Juifs pour les arracher Ă leurs
pĂ©chĂ©s et les amener Ă sa justice. [10] Voulant sauver la maison dâIsraĂ«l, il a
envoyĂ© une part de lâEsprit sur les prophĂštes, pour quâils annonçassent pendant
bien longtemps la vraie religion et la naissance du Christ. [11] Mais le prince
dâiniquitĂ©, voulant sâĂ©galer Ă Dieu, mettait la main sur eux et enchaĂźnait tous
les hommes par le péché.
Comme le jugement du monde approchait, [12] le
Dieu tout-puissant, voulant justifier et non pas rejeter ses créatures, et les
voyant tourmentĂ©es, eut pitiĂ© dâelles [13] et, Ă la fin des temps, il
envoya le Saint-Esprit dans la vierge [37]
prĂ©vue par les prophĂštes, [14] laquelle, ayant cru de tout son cĆur, devint
digne de concevoir et dâenfanter notre Seigneur JĂ©sus-Christ; [15] afin que, par
cette mĂȘme chair dont se glorifiait orgueilleusement le Malin, il fĂ»t repris
lui-mĂȘme et convaincu de nâĂȘtre pas Dieu. [16] Car câest en sa chair que
JĂ©sus-Christ a appelĂ© et sauvĂ© la chair pĂ©rissable et lâa amenĂ©e Ă la vie
éternelle par la foi, [17] afin de préparer pour les temps futurs un
saint temple de justice en son corps, [18] par la foi auquel nous aussi avons
19 Sachez encore que ces hommes ne sont pas des
enfants de justice, mais des enfants de colĂšre, car ils Ă©loignent dâeux-mĂȘmes la
miséricorde de Dieu en disant que le ciel, la terre et toutes les créatures ne
sont point lâĆuvre du PĂšre de toutes choses. [20] Ces maudits professent la
doctrine du serpent. [21] Mais vous, avec lâaide de Dieu, repoussez-les loin de
vous, et rejetez loin de vous leur doctrine perverse; [22] car vous nâĂȘtes pas
des fils de la dĂ©sobĂ©issance, mais des enfants de lâEglise bien-aimĂ©e: [23]
câest pourquoi le temps de la rĂ©surrection est annoncĂ© Ă tous.
24 Ceux qui disent: « Il nây a point de
résurrection de la chair, » ceux-là ne ressusciteront point pour la vie
éternelle, mais pour la condamnation; car les incrédules ressusciteront en chair [38]
pour le jugement.
25 Car pour ceux qui disent de la chair: « Il
nây a point de rĂ©surrection, pour ceux-lĂ il nây aura pas de rĂ©surrection, parce
quâils ont ainsi reniĂ© la rĂ©surrection. [39]
26 Vous savez bien, hommes de Corinthe, au sujet
de la semence du blĂ© et des autres semences, quâun grain nu tombe seul en terre
et que ce grain, une fois dans le sol, commence par mourir; puis il ressuscite,
par la volontĂ© du Seigneur, revĂȘtant le mĂȘme corps quâil avait auparavant ;
27 et ce nâest point un seul corps qui ressuscite, mais beaucoup dâautres
de mĂȘme espĂšce lĂšvent avec lui et prospĂšrent,
28 Ce nâest point seulement des semences que
nous devons tirer des exemples, mais aussi des corps plus nobles, de lâhomme.
29 Vous savez que Jonas, fils dâAmathi, parce
quâil refusait de prĂȘcher aux Ninivites, fut jetĂ© dans le ventre du poisson
et y resta trois jours et trois nuits. [30] Au bout de trois jours,
Dieu exauça ses priĂšres et le tira du fond de lâabĂźme, ans que son corps eĂ»t en
rien souffert, sans quâun de ses cils eĂ»t Ă©tĂ© courbĂ©, ni quâun de ses cheveux
eût été arraché. [31] A combien plus forte raison, vous, gens de petite foi, si
vous croyez au Seigneur Jésus-Christ, vous ressuscitera-t-il comme il est
lui-mĂȘme ressuscitĂ©.
32 Et si les ossements du prophÚte Elisée,
tombant sur un mort, ont ressuscité ce mort, [40]
Ă combien plus forte raison vous, qui trouvez un appui dans la chair, le sang et
lâesprit du Christ, ressusciterez-vous en ce jour-lb avec votre corps intact.
33 Le prophĂšte Elie, en embrassant le fils de la
veuve, lâa ressuscitĂ© des morts. A combien plus forte raison JĂ©sus-Christ vous
ressuscitera-t-il, vous aussi, en ce jour-lĂ , comme il est lui-mĂȘme ressuscitĂ©
des morts aven son corps intact.
34 Si vous recevez inconsidérément quelque autre
doctrine , que personne désormais ne vienne plus me fatiguer. Car je porte
sur moi ces chaĂźnes [35] afin de gagner Christ, et jâendure en mon corps les
tourments pour mériter la résurrection des morts. [36] Et vous qui avez tous
reçu la loi par les bienheureux prophÚtes et le saint Evangile, tenez ferme;
vous recevrez la récompense à la résurrection des morts, vous hériterez la vie
Ă©ternelle. [37] Mais sâil se trouve quelque homme de petite foi qui transgresse
ces enseignements, il prépare sa propre condamnation et sera chùtié avec ceux
qui soutiennent les desseins de ces hommes dâerreur; [41]
38 car ceux-ci sont une race de vipĂšres, une engeance de serpents et de
basilics. [39] Repoussez-les, sĂ©parez-vous dâeux avec lâaide de notre Seigneur
Jésus-Christ; [40] et que soient avec vous la paix et la grùce du bien aimé
premier-né. Amen.
Zohrab, dans la prĂ©face de lâAppendice Ă la Bible armĂ©nienne de Venise,
Ćuvres de St. Ephrem (traduction armĂ©nienne ancienne), Venise,
1836, t. III, p. 116-123.
Le commentaire semble avoir été rédigé sur le texte arménien. Il manque
dans le manuscrit du commentaire sur les Ă©pĂźtres de Paul conservĂ© Ă
la bibliothĂšque patriarcale dâEtschmiadzin.
La citation dâAphruat signalĂ©e par Zahn ( Geschichte des
neutestamentlichen Kanons , II, 1, p. 161) est au moins
Binck, ou plutÎt le P.P. Ancher (voir plus bas), a relevé en tout trois
citations se rapportant au mĂȘme verset de lâĂ©pĂźtre aux Corinthiens (v.
11). La seule qui pourrait avoir de lâimportance, si la source en Ă©tait
authentique, est celle qui serait empruntée à un discours de saint
GrĂ©goire lâilluminateur aux nĂ©ophytes (commencement du
iv e siĂšcle).
Mais le passage est si mal indiqué par Binck ( Sendschreiben, u. s. w .,
p. 14) que M. Vetter, qui a pris la peine de vĂ©rifier, ne lâa pas trouvĂ©
dans les Discours, dâailleurs supposĂ©s de saint GrĂ©goire. La
citation existe cependant, mise dans la bouche de saint Grégoire,
mais il faut la chercher dans lâHistoire dâAgathange (Ă©d. de Tiflis,
1882, p. 168; éd. de Venise 1818, p. 215). M. Thoumaian ( Agathangelos
et la doctrine de lâEglise armĂ©nienne au V e siĂšcle.
Lausanne, Georges Bride!, 1879) a bien citĂ© le passage comme attribuĂ© Ă
saint Paul, mais nâen a pas reconnu lâorigine (p 36), Le livre dâAgathange
contient du reste quelques autres traces de notre apocryphe.
Brosset, Histoire chronologique de MĂ©khithar dâAĂŻrivank, traduit
de lâarmĂ©nien. Saint-PĂ©tersbourg, 1869, p 81 (dans les MĂ©moires
de lâAcadĂ©mie des sciences de Saint PĂ©tersbourg, 7 e
série, t. XIII. n° 5).
Ce Clément, que Mékhithar fait figurer sur une autre liste comme
lâauteur dâun apocryphe intitulĂ©: Quels livres doivent ĂȘtre admis?
est probablement, dans la pensĂ©e de lâauteur, ClĂ©ment dâAlexandrie.
Amsterdam et Utrecht, 1714.
EpistolĆ S. Pauli ad Corinthios et
Corinthiorum ad S. Paulum armenice, ex museo viri clariss. P.
Massonii, versionem latinam accurante Wilkins .
Amstelodami , 1715.
Hambourg, 1719.
Thesaurus epistolicus Lacrozianus.
Lipsiae , 1746, t. III, p. 237 sv.
A grammar armenian and english
Venice , 1819 et 1832.
Cette traduction est rĂ©imprimĂ©e dans les Ćuvres de Lord Byron (Paris
Galignani, 1842, p. 819) et accompagnée de la note suivante :
Done into english by me, february 1817, at the convent of San
Lazaro with the aid and exposition of the armenian text by the father
Pascal Aucher, armenian friar.
Venice, april 10, 1817.
I had also the latin text,
but it is in many place very corrupt and with great omissions.
Byron dans ces derniers mots veut parler
de la traduction latine de D. Wilkins.
Das Sendschreiben der
Korinther an den Apostel Paulus und das dritte Sendschreiben Pauli an
die Korinther. Heidelberg, 1823.
Heidelberger JahrbĂŒcher der Literatur,
Geschichte des
Neutestamentlichen Kanons 2, Band. 2. HĂ€lfte, 1. Abth. p.
Octateuque, JĂ©rĂ©mie. Actes. ĂpĂźtres catholiques, Apocalypses, Rois,
Livres sapientiaux : Job, Tobie, Judith, Esther, Esdras, Macchabées,
Ezéchiel, Daniel, petits ProphÚtes, Esaïe, saint Paul
Lâauteur de la note nâa pas remarquĂ© que le rit ambrosien est, sur ce
point, dâaccord avee la liturgie romaine.
On connaĂźt trois autres manuscrits provenant de Biasca et qui sont
entrĂ©s Ă la bibliothĂšque Ambrosienne avec notre manuscrit; lâun dâeux
est un sacramentaire du rit ambrosien, du dixiĂšme siĂšcle ( A 24
bis inf. Delisle, MĂ©moire sur dâanciens sacramentaires, p.
Description sommaire du manuscrit: 485 millimĂštres sur 380. 169
feuillets. 2 colonnes de 49 Ă 51 lignes. Titres courants noirs,
chapitres rouges et rubriques; quelques grandes initiales Ă entrelace.
Commencement: Desiderii mei (préface de la
GenÚse). TrÚs mutilé.
LâĂ©pĂźtre aux LaodicĂ©ens est assez incorrecte et montre plusieurs leçons
trĂšs rares (ainsi, vers. 14 petiones , avec
le seul Codex Toletanus . Cf. J.-B.
Lightfoot, Colossians , troisiÚme édit, 1879, p. 287)
doit ĂȘtre une mauvaise
que lâarmĂ©nien a bien rendu par âadoptionâ.
Traduction des versets 15
(fin) et 16, qui se trouvent ici dĂ©placĂ©s par suite dâune erreur
du copiste ou du traducteur.
Corrigez probaretur,
dâaprĂšs le v. 8.
Dabnus = ÎᜱÏÎœÎżÏ
laurier = ΎᜱÏΜη .
Xinon = Zénon; le traducteur arménien a sans doute pris un Z pour un X.
La faute serait inexplicable en supposant un original syriaque.
La traduction suivante des versets 7 et 8, conforme Ă la version latine,
nous paraßt résulter du texte qui a servi de base au commentaire
dâEphrem, en assez mauvais Ă©tat Ă cet endroit: « HĂąte-toi donc de venir
toi-mĂȘme chez nous, â car nous avons cette confiance dans le Seigneur
quâil tâa dĂ©livrĂ© des mains de lâimpie, comme cela a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© Ă
ThĂ©onas, â ou bien Ă©cris-nous une lettre. »
Z. ajoute: pour les morts, ou bien: des corps morts.
Texte dâEphrem et latin: « Ils disent que notre Seigneur nâest pas venu
en chair, et ne le regardent point comme né de la vierge Marie. »
Z.: Apopholanus.
Les premiers mots : « Maintenant encore je vous dis », manquent dans le
texte dâEphrem et le latin, qui rĂ©unissent en une seule phrase les
versets 4 et 5: « Je vous ai enseignĂ© ce que jâai reçu.... savoir, que
le Seigneur Jésus-Christ est né, etc. »
Au lieu de « dans la vierge, » le texte dâEphrem porte: « en Marie la
GalilĂ©enne »,et nâa pas : « prĂ©vue par les prophĂšte. ». De mĂȘme le
Z. : ils ressusciteront avec leur chair incrédule.
Ce verset nâest quâune rĂ©daction plus ancienne du v. 24; voir le
commentaire dâEphrem et la version latine. Le texte en est mal conservĂ©
Ephrem paraphrase un texte plus conforme Ă la tradition biblique et au
latin. « Et si les ossements dâElisĂ©e ont rendu Ă la vie le mort qui
tomba sur eux, etc. »
Le commentaire dâEphrem et la version latine donne un texte diffĂ©rent :
« Celui qui transgresse ces enseignements, le feu lui est réservé, à lui
et à ceux qui lui ont ainsi montré le chemin, hommes sans Dieu. »