⚠ Correspondance apocryphe de Saint Paul et des Corinthiens

Texte apocryphe — rejetĂ© du canon biblique

⚠ Rappel : Ce texte n'est pas inspirĂ©. PrĂ©sentĂ© pour Ă©tude et rĂ©futation. Consultez les fiches de rĂ©futation dans Études.
Introduction 36 versets ▌

La correspondance apocryphe de Saint Paul et des Corinthiens.

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A LA TABLE DES MATIÈRES DΕS APOCRYPHES

LA CORRESPONDANCE APOCRYPHE

DE SAINT PAUL ET DES CORINTHIENS

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

LA CORRESPONDANCE

APOCRYPHE DE SAINT PAUL

ET DES CORINTHIENS

ANCIENNE VERSION LATINE ET TRADUCTION DU

Un apocryphe de l’apître Paul est toujours digne

d’intĂ©rĂȘt. Le texte que nous allons faire connaĂźtre apporte une lumiĂšre nouvelle

sur un document curieux, peu Ă©tudiĂ© jusqu’à prĂ©sent, mais sur lequel des travaux

tout rĂ©cents viennent d’attirer l’attention des thĂ©ologiens et des

orientalistes. Il s’agit de la troisiùme Epütre de saint Paul aux Corinthiens,

ou plutît de la correspondance apocryphe des Corinthiens et de saint Paul, — car

il y a deux lettres, une des Corinthiens à saint Paul et la réponse de saint

Paul aux Corinthiens, —qui nous a Ă©tĂ© transmise dans une traduction armĂ©nienne.

Ce texte n’existant qu’en armĂ©nien, et n’ayant jamais Ă©tĂ© mentionnĂ© par les

écrivains ecclésiastiques grecs et latins, on inclinait à y voir une production

du christianisme oriental, un écrit primitivement rédigé en langue syriaque pour

combattre quelque hĂ©rĂ©sie syrienne ou mĂ©sopotamienne. La dĂ©couverte d’une

version latine fort ancienne, faite évidemment sur un texte grec, est de nature

Ă  changer de tout au tout les conditions du problĂšme. Aussi nous hĂątons-nous de

publier ce texte, sans l’accompagner aujourd’hui d’une Ă©tude critique, et nous

rĂ©servant de reprendre la question dans un prochain travail. L’intelligence de

la version latine sera facilitée par une traduction du texte arménien, mieux

conservé que le latin, mais qui nous offre selon toute apparence une recension

plus moderne de l’original.

La correspondance des Corinthiens avec saint Paul

se trouve dans presque tous les exemplaires manuscrits de la Bible arménienne,

dans le plus grand nombre à la fin des quatorze épßtres de Paul, dans

quelques-uns immédiatement aprÚs la seconde épßtre aux Corinthiens. [1]

C’est cette derniĂšre place qu’elle occupe dans la traduction armĂ©nienne des

commentaires de saint Ephrem sur le Nouveau Testament. [2]

Si l’authenticitĂ© de cette partie des commentaires d’Ephrem peut donner lieu Ă 

discussion, [3]

en revanche il n’est guùre contestable que le texte de 3 Corinthiens qui y est

partiellement reproduit paraĂźt plus ancien que celui des manuscrits bibliques.

Malgré le haut patronage qui aurait été accordé à notre apocryphe par le prince

des commentateurs syriens, on n’a relevĂ© jusqu’à prĂ©sent aucune citation de ce

document dans les écrits syriaques [4]

et fort peu dans la littérature arménienne. [5]

Nous sommes mieux renseignés par les catalogues de

livres saints. MĂ©khithar d’AĂŻrivank, chroniqueur armĂ©nien de la fin du treiziĂšme

siĂšcle, insĂ©ra dans son ouvrage une sorte de Canon biblique d’aprĂšs Jean le

Diacre, qui vivait Ă  la fin du onziĂšme siĂšcle. [6]

Les livres du Nouveau Testament y sont rangĂ©s dans l’ordre suivant: QUATRE

ÉVANGÉLISTES: Jean, Matthieu, Marc, Luc. Actes des Apîtres.

EPITRES CATHOLIQUES: Jacques ; 1 et 2 Pierre; 1, 2 et 3 Jean; Jude.

Apocalypse. [EPITRES DE SAINT PAUL:] 1 et 2 Thessaloniciens, 1, 2 et 3

Corinthiens, Romains, Hébreux, 1 Timothée, Tite, Calcites, Ephésiens, Philémon,

Colossiens, Philippiens, 2 TimothĂ©e. ImmĂ©diatement aprĂšs, le mĂȘme

chroniqueur indique un autre ordre pour les épßtres de Paul « suivant une liste

trouvée par Clément [7]  » :

Romains, 1, 2 et 3 Corinthiens, Galates, Ephésiens, Philippiens, Colossiens, 1

et 2 Thessaloniciens, Hébreux, 1 et 2 Timothée, Tite, Philémon, Voici donc

deux listes de livres canoniques, oĂč notre apocryphe figure au mĂȘme titre et Ă 

cÎté des deux épßtres authentiques. Ce fait suffit à montrer de quel crédit il

jouissait Ă  une certaine Ă©poque dans l’Eglise armĂ©nienne.

Il ne fut connu et cité pour la premiÚre fois en

Europe que vers le milieu du dix-septiĂšme siĂšcle. Le cĂ©lĂšbre archevĂȘque Usher (Usserius)

fait mention, en 1644, d’un manuscrit armĂ©nien copiĂ© Ă  Smyrne et contenant, avec

une traduction italienne, la correspondance de saint Paul et des Corinthiens. Ce

manuscrit, ayant passé sur le continent, devint la propriété de Frédéric Masson,

qui publia les deux lettres en latin dans le dixiùme volume de l’ Histoire

critique de la république des lettres . [8]

L’annĂ©e suivante, en 1715, David Wilkins en donna la premiĂšre Ă©dition armĂ©nienne [9]

avec une version latine qui fut révisée ou plutÎt refaite en 1716 par La

Croze. Ces deux traductions de Wilkins et de La Croze, réimprimées par Fabricius

dans la troisiĂšme partie de son Cottes apocryphus Novi Testamenti , [10]

forment certainement le texte le plus

rĂ©pandu de notre apocryphe, et de nos jours encore, en 1856, l’auteur du

Dictionnaire des apocryphes de la collection Migne a cru satisfaire aux

besoins de ses lecteurs en mettant en français le latin de la version de

Wilkins, la plus imparfaite des deux. Il n’existe pas, à notre connaissance,

d’autre traduction en langue française.

Malheureusement le manuscrit de Smyrne offrait un

texte fort incomplet. Il ne contenait pas le fragment historique qui sépare les

deux Ă©pĂźtres et raconte oĂč et dans quelles circonstances saint Paul reçut la

lettre des Corinthiens et écrivit sa réponse. De plus, la lettre de saint Paul

était tronquée et ne comprenait que dix versets sur quarante.

Un autre manuscrit, complet cette fois, mais assez

incorrect, fut rapportĂ© d’Alep par Guillaume Whiston et envoyĂ© Ă  La Croze pour

en obtenir une nouvelle traduction qui fut publiée en Angleterre en 1727 et plus

tard dans la correspondance du savant bibliothécaire de Berlin. [11]

La Croze, qui prĂ©cĂ©demment avait fait descendre jusqu’au dixiĂšme ou au

commencement du onziÚme siÚcle la composition de la troisiÚme épßtre aux

Corinthiens, changea d’avis en Ă©tudiant le nouveau texte et Ă©mit l’hypothĂšse

intéressante que nous avons là un fragment des Actes de saint Paul,

apocryphe depuis longtemps perdu. Les deux fils de Guillaume Whiston, qui

avaient appris l’armĂ©nien, joignirent Ă  leur cĂ©lĂšbre Ă©dition de l’historien

MoĂŻse de Khoren [12]

un appendice contenant le texte du manuscrit d’Alep, avec une traduction latine

et une traduction grecque qui furent réimprimées à Leipzig, en 1776, par les

soins de B. Carpzov.

Zohrab, pÚre mékhitariste du couvent de

Saint-Lazare, à Venise, donna le premier une édition critique du texte de nos

épßtres à la suite de sa grande édition de la Bible arménienne qui parut en

1805. Il se servit pour cela de huit manuscrits plus ou moins anciens dont il

nota soigneusement les variantes, mais en nĂ©gligeant d’indiquer pour chacune

d’elles le manuscrit qui la prĂ©sentait. MalgrĂ© cette grave lacune, l’édition de

Zohrab, beaucoup plus correcte que les prĂ©cĂ©dentes, est jusqu’à prĂ©sent celle

qui doit servir de base Ă  tout travail critique sur le texte de 3 Corinthiens.

Elle a été reproduite, avec fort peu de changements, dans les deux éditions de

la grammaire arménienne anglaise du P. Pascal Aucher, [13]

avec une traduction anglaise due Ă  la plume de lord Byron, [14]

mais non Ă  sa connaissance de l’armĂ©nien.

Ce fut Ă©galement Ă  l’obligeance et Ă  la science du

P. P. Aucher que Rinek dut de pouvoir écrire en 1823 le plus important travail

dont la correspondance de Paul avec les Corinthiens eĂ»t encore Ă©tĂ© l’objet, [15]

avec une traduction bien supérieure à toutes celles qui avaient déjà été faites.

Binck ne savait pas l’armĂ©nien et son collaborateur ne comprenait pas

l’allemand; ce fut donc seulement en italien et en latin qu’ils purent

échanger leurs observations philologiques. Il en résulta néanmoins une étude

sĂ©rieuse du texte et de ses diverses variantes, mais l’ensemble du travail fut

compromis par l’idĂ©e malencontreuse qu’eut Binck de dĂ©fendre l’authenticitĂ© des

deux lettres, dont personne n’avait parlĂ© depuis Guillaume Whiston, le pĂšre

Ullman ne s’en crut pas moins obligĂ© de rĂ©futer cette Ă©trange thĂšse. [16]

Il nous faut descendre jusqu’à ces derniers mois

pour trouver de nouvelles Ă©tudes sur le texte de 3 Corinthiens. Presque en mĂȘme

temps, Ă  quelques semaines d’intervalle et indĂ©pendamment l’un de l’autre, deux

savants allemands viennent de consacrer Ă  cet apocryphe des travaux fort

importants et du plus haut intĂ©rĂȘt.

Le premier en date, M. P. Vetter, jeune théologien

catholique du Wurtemberg qui vient d’ĂȘtre nommĂ© professeur Ă  l’UniversitĂ© de

TĂŒbingen, a publiĂ© dans le dernier cahier de l’annĂ©e 1890 de la Theologische

Quartalschrift le premier article d’une Ă©tude intitulĂ©s: La troisiĂšme Ă©pĂźtre

apocryphe aux Corinthiens; traduction nouvelle et essai sur son origine.

L’auteur indique ses conclusions dĂšs la premiĂšre page: « Cette correspondance

apocryphe a Ă©tĂ© composĂ©e en Syrie, probablement Ă  Edesse, vers l’an 200, sous le

rĂšgne du roi Abgar VIII et l’épiscopat de Palout, pour combattre la doctrine du

gnostique Bardesane d’Edesse ». Nous n’avons pas encore reçu la suite du travail

oĂč cette thĂšse si nettement formulĂ©e doit ĂȘtre dĂ©montrĂ©e. Mais la premiĂšre

partie est celle qui nous intĂ©resse le plus aujourd’hui. Elle comprend: 1° une

traduction nouvelle de l’armĂ©nien, faite sur un texte critiquement Ă©tabli

d’aprĂšs les manuscrits dĂ©jĂ  Ă©numĂ©rĂ©s, plus un manuscrit de Paris et le

commentaire de S. Ephrem que M. Vetter a signalĂ© le premier, bien qu’il soit

imprimé depuis 1836; 2° une traduction fort soignée de ce commentaire. Il est

bien regrettable que le manque de caractĂšres ait empĂȘchĂ© M. Vetter de nous

donner dans la langue originale le texte Ă  l’amĂ©lioration duquel il s’est

appliqué avec tant de soin.

M. Th. Zahn, professeur de théologie à

l’UniversitĂ© de Leipzig, a Ă©galement Ă©tudiĂ© 3 Corinthiens dans un fascicule de

son Histoire du Canon du Nouveau

Testament [17]

qui porte la date de 1891. Lui aussi

attache une trùs grande importance au commentaire d’Ephrem, dont il publie

intégralement une traduction due à un Arménien, M. Kanaiantz, en distinguant par

la diversitĂ© des caractĂšres d’imprimerie le texte de l’original d’avec la

paraphrase du commentateur. M. Zahn ne sait malheureusement pas l’armĂ©nien; s’il

avait pu comparer lui-mĂȘme le commentaire avec le texte des lettres, et surtout

consulter la version latine qui fait le principal objet de la présente

publication, il n’aurait assurĂ©ment pas dit que le texte commentĂ© Ă©tait dĂ©jĂ 

lui-mĂȘme souvent devenu une paraphrase, tout en reconnaissant que, par son

origine et ses tĂ©moins, il devait ĂȘtre plus ancien que le texte des manuscrits

bibliques. Il attribue Ă  la correspondance de Paul et des Corinthiens une date

plus haute encore que celle proposĂ©e par M. Vetter. Reprenant l’hypothĂšse

avancĂ©e d’abord par La Croze en 1727, M. Zahn voit dans nos deux lettres un

fragment extrait des Actes de saint Peut mentionnés par OrigÚne">OrigÚne et dont

la composition remonterait au second siĂšcle,

Un point assez important du débat, sur lequel nos

auteurs ne se prononcent pas bien nettement, est celui-ci: De quelle langue, du

grec ou du syriaque, nos lettres ont-elles passé en arménien? M. Vetter croit à

une origine syriaque; M. Zahn suppose un texte grec primitif, mais admet que

pendant assez longtemps l’apocryphe a fait partie du canon de l’Eglise d’Edesse

puisqu’il a Ă©tĂ© commentĂ© par S. Ephrem; selon toute vraisemblance il aurait donc

été traduit du syriaque.

Le texte latin que nos lecteurs trouveront plus

loin nous paraßt condamner la thÚse de M. Vetter, il a été traduit du grec, cela

est certain. Or il recouvre en maint endroit si exactement l’armĂ©nien que l’on

doit admettre que les deux versions proviennent d’une mĂȘme source; tout au plus

pourrait-on supposer une version syriaque absolument littérale dont découlerait

l’armĂ©nien, mais un original syriaque n’est en aucune maniĂšre admissible. Il n’y

a du reste dans le texte arménien aucune trace de provenance syriaque.

De plus, une comparaison attentive entre la

traduction latine et le texte suivi par le commentaire d’Ephrem nous amùne à

conclure que les deux textes appartiennent Ăš une mĂȘme recension, plus ancienne

que la recension contenue dans les manuscrits bibliques arméniens. Celle-ci en

effet offre une certaine quantitĂ© de gloses introduites dans le texte, et mĂȘme

un verset en double rédaction (cf. Epßtre de Paul, v. 24 et 25.)

Pour terminer cette rapide esquisse de l’histoire

de 3 Corinthiens, deux mots sur la traduction qui suit le texte latin. Nous

avons suivi le texte de Zohrab, sauf dans un petit nombre de passages oĂč nous

avons prĂ©fĂ©rĂ© des variantes notĂ©es par Zohrab lui-mĂȘme. En mĂȘme temps nous avons

visé à une scrupuleuse fidélité, mais en tenant compte des exigences de la

langue française et sans nous astreindre à un servile littéralisme. Enfin nous

avons admis la coupe des versets proposĂ©e par Vetter, qui lui-mĂȘme s’est presque

toujours conformĂ© au travail de Binck. Il n’était pas possible de garder les

versets du texte arménien.

Quant au texte latin, dont il vient d’ĂȘtre

question, voici de quelle maniĂšre nous en avons eu connaissance.

Tandis qu’en octobre 1890 je travaillais à la

bibliothĂšque Ambrosienne de Milan, sous l’Ɠil bienveillant du savant prĂ©fet de

la bibliothĂšque, l’abbĂ© Ceriani, j’eus l’occasion d’examiner une bible latine

qui porte la cote E 53 inferior. Les livres de la Bible sont rangés, dans

ce manuscrit, suivant un ordre qui paraĂźtrait incomprĂ©hensible si l’on ne savait

que c’est peu prùs exactement l’ordre dans lequel les livres bibliques sont lus,

dans le cours de l’annĂ©e, aux offices ecclĂ©siastiques. [18]

Une note Ă©crite en tĂȘte du volume rend le lecteur attentif Ă  cette disposition

curieuse, et dont je ne pense pas qu’on trouve un autre exemple aussi ancien;

elle nous indique en mĂȘme temps la provenance du manuscrit:

Hoc porro ordine conscriptos sacros

hosce libros reor, quo illos Ambrosiana ecclesia in matutinis precibus legit. [19] .

Utpote hic codex fuit usque praepositurae SS . Petri et Pauli de

Abiascha, in Lepontiis, atque a praesentissimo

interitu pecunia redemptus hoc anno MDCCLXXVI.

est le nom latin de Biasca, village situé dans la

haute vallée du Tessin, sur la route du Saint-Gothard. [20]

C’est donc de ce coin reculĂ© des Alpes que provient notre volume: il se ressent

de l’état de ruine oĂč il Ă©tait lorsque le bibliothĂ©caire B. Oltroschi le sauva

de la destruction. [21]

Le manuscrit n’est probablement pas antĂ©rieur au dixiĂšme siĂšcle, il n’est

certainement pas plus rĂ©cent. Le texte qu’il contient est la Vulgate">Vulgate, mais mĂȘlĂ©e

de beaucoup d’élĂ©ments empruntĂ©s aux anciennes versions. Ce texte est curieux Ă 

tous égards; il ne ressemble pas à ceux que Bobbio nous a légués ou que Monza

nous a conservĂ©s. Les analogues en devraient ĂȘtre cherchĂ©s fort loin. Certaines

préfaces et certains sommaires ne se rencontrent pas ailleurs. Est-ce un texte

erratique, Ă©garĂ© dans ces hautes vallĂ©es, ou n’est-ce pas plutĂŽt le tĂ©moin d’une

trĂšs ancienne tradition? Nous ne saurions le dire.

A la fin du manuscrit, au feuillet 469, on lit,

aprĂšs les mots Explicit epistula Pauli ad Hebreos ,

les textes suivants, Ă©crits de la mĂȘme main que ce qui prĂ©cĂšde, mais

malheureusement trÚs effacés et, en quelques passages, entiÚrement illisibles:

Incipiunt scripte Corinthiorum ab

apostolum Paulum.

..............................................................................................

Incipit rescriptum Pauli apostoli ad

..............................................................................................

Incipit eiusdem Pauli apostoli a[d

Laodicenses]. (Ce dernier titre est

presque illisible.) [22]

Les deux premiers de ces textes sont publiés

ci-dessous. Pris de court par mon départ et découragé par le peu de lumiÚre qui

pĂ©nĂštre, en un jour d’automne, dans la salle de l’Ambrosienne, je n’avais pas

achevé de copier la correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens.

Mes notes en comprenaient à peine la premiÚre moitié. Mais lorsque la lecture de

l’intĂ©ressant article de M. Vetter m’eut montrĂ©, peu de semaines aprĂšs,

l’actualitĂ© de ce sujet, je rĂ©solus d’invoquer l’aide d’un jeune docteur de

l’Ambrosienne, l’abbĂ© A. Ratti, dont j’avais pu apprĂ©cier, dans une excursion

faite ensemble Ă  Monza, le bon esprit scientifique et la parfaite obligeance.

J’avais d’abord essayĂ© de dĂ©terminer M. P. Corssen, qui avait avant moi pris

copie des mĂȘmes piĂšces, Ă  les publier Ă  ma place, mais M. Corssen s’y Ă©tait

refusé avec la délicatesse que je lui connais. M. Ratti voulut bien à la fois

revoir mes notes et continuer ma copie. Il eut Ă©galement l’obligeance de se

charger de faire photographier sous ses yeux les pages en question. Ce que son

travail a dĂ» ĂȘtre, ceux-lĂ  seuls le comprendront qui savent en quel triste Ă©tat

est le verso du feuillet 169. C’est pourquoi l’établissement du texte qui va

suivre lui appartient au moins autant qu’à moi. Je n’ai pas craint de demander

en outre Ă  M. Corssen de vouloir bien collationner notre transcription avec la

copie qu’il avait prise, et ii y s mis le plus bienveillant empressement. Enfin

M. Ceriani a en l’extrĂȘme obligeance de revoir le manuscrit une derniĂšre fois

dans les passages douteux. Dans l’état de dĂ©labrement oĂč est l’unique manuscrit,

il a été nécessaire de recourir en plusieurs endroits, pour restaurer le texte,

à la conjecture, et la traduction arménienne a été en cela notre guide. Sans

elle, la lecture du texte tout entier aurait été presque impossible.

Nous avons naturellement reproduit la version

latine avec toutes les incorrections qui appartiennent au traducteur et avec

celles qui sont le fait du copiste, augmentées de celles qui ont sans doute pour

cause l’insuffisance de notre lecture. D’autres peut-ĂȘtre liront mieux que nous.

Quant aux sept ou huit lignes qui sont entiÚrement détruites dans le manuscrit,

nous avons essayĂ© de les rĂ©tablir d’aprĂšs le texte armĂ©nien, sans attacher du

reste aucune importance à notre restitution et uniquement afin de présenter au

lecteur un texte complet. Les passages rétablis par conjecture et ceux dont la

lecture est douteuse sont imprimés en italique. Notre transcription est faite

ligne pour ligne, et donne autant que possible la représentation fidÚle du

F° 169, col. 1.

SCRIPTA CORINTHIORUM

APOSTOLUM PAULUM

Stephanus et qui cum eo sunt omuns

maiores natu Daphinus et Eubolus et Theophilus et Zenon, Paulo fratri in Domino

aeternam salutem. [2] Superuenerunt Corintho uiri duo, Simon quidam et Cleobius,

qui corundam fidem peruertunt uerbis adulteris, [3] quod tu proba. [4] Numquam

enim audiuimus a te talia

neque ab aliis apostolis.

5 Hoc autem scimus , quod

mania quae a te audiuimus et ab illis firmiter obseruamus. [6]

Sed in hoc misertus est nostri Dominus, quod audiemus iterum ex te

in carne tua. [7] Citatum ergo fac aduentum tuum ad nos. [8]

Credimus enim sicut adapertum est Theonae, quoniam liberauit te Dominos

de manu iniqui. Petimus ut rescribas nobis. [9] Sunt enim quae dicunt et docent

talia : [10] Non debere inquiunt natibus credi, [11] neque esse Deum

omnipotentem [12] neque esse resurrectionem carnis, [13] sed nec esse figmentum

hominem Dei, [14] sed neqne in carne uenisse Christum, sed neque ex Maria natum,

15 sed nec esse saeculum Dei sed nuntiorum. [16] Propter quod petirnus,

frater, omni necessitate cura uenire ad nos, ut non in offensam maneat

Corinthiorum eclesia, et corum dementia inanis inueniatur. Vale in Domino.

RESCRIPTUM PAULI

Paulus uinctus Ihesu Christi his qui

sunt Corintho fratribus in Domino salutem. In multis cum essem tediis [2] non

miror si sic tam cito percurrunt maligni decreta. [3] Quia Dominas meus Ihesus

Christus citatum aduentum suum faciet, decipiens eos qui adulterant uerbum eius.

4 Ego enim ab initio tradidi nobis que et accepi et tradita sunt mihi a Domino

et eis qui ante me sunt apostoli et fuerunt omni tempore cum Christo Jhesu, [5]

quoniam dominus noster Ihesus Christus ex virgine Maria natus est ex semine

Dauid secundum carnem de sancto Spiritu de caelo a Patre misso in eam per

angelum Gabrihel, [6] ut in hunc mundum prodiret Ihesus in carne, ut libera ret

omnem carnem per suam natiuitatem, et ut ex mortuis nos excitet corporales sicut

et ipse est. [7] Tipum nobis ostendit quia homo a Patre eius finctus est.

8 Propter quod et perditus quaesitus est ab eo ut uiuiflcetur per filii

creationem [23]

[ut per quam carnem conuersatus est malus, per eam et uinceretur quia non est

Deus. Suo enim corpore Ihesus Christus saluauit omnem carnem [24] ].

9 Nam quia Deus omnium et omnia tenens, qui fecit caelum et terram, misit

primum Judaeis prophetas, ut peccatis abstraherentur, [10] consolatus enim

saluare domum Israel, partitus ergo a spiritu Christi misit in prophetas, qui

enarrauerunt Dei culturam et natiuitatem Christi, praedicantes temporibus multis.

11 Nam quia iniustus princeps, Deum uolens esse se, con sub manu negabat, et

omnem carnem hominum ad suam uoluntatem alligabat, et consummationes mundi

iudicio adpropinquabant. [12] Sed Deus omnipotens cum sit iustus, nolens

abicere suam finctionem, misertus est de caelis [13] et misit Spiritum sanctum

in Mariam in Galilea. [14] Quae ex totis praecordiis credidit, accepitque in

utero Spiritum sanctum, ut in seculum prodiret Ihesus, [15] ut per quam carnem

conuersatus est malus, per eam uinctus probatus est [25]

non esse Deus. [16] Suo enim corpore Ihesus Christus

F° 169 v°, col. 1.

saluauit omnem carnem et deduxit ad

uitam aeternam perfidem, [17]

ut iustitiae templum in corpore suo futuris temporibus pararet. [18] In

quo et nos ubi credidimus liberati sumus. [19] Sciatis etiam quia isti

non sunt iustitiƓ filii, qui cohibent Dei prudentiam, absque fide dicentes

non esse caelum et terram et omnia quae in eis sunt Patris opera. [20] Ipsi sunt

ergo filii irae, maledictam enim colubri fidem habent. [21] Quos repellite

a uobis et a doctrina eorum fugite. [22] Non enim estis fil

inobedientae sed amantissime ecclesiae. [23] Propterea resurrectionis

tempus praedicatum est. [24] Quod autem uobis dicunt resurrectionem non esse

camis, illis non erit resurrectio in uitam sed in iudicium eius, [25] quoniam

circa eum qui resurrexit a mortuis infideles sunt, non credentes aequo

intellegentes. [26] Neque enim uiri Corinthii sciunt tritici semina sicut

aliorum seminum quoniam nuda mittuntur in terra et simul corrupta deorsum surgum

in uoluntate Dei corporata et uestita. [27] Non solum corpus quod missum est

surgit, sed quamplurimum benedicens. [28] Et si non oportet a seminibus tantum

facere parabolam sed a dignioribus corporibus, [29] uide quia Ionas Amathi

filius, Nineuitis cum non praedicaret sed cum fugisset, a caeto gluttitus est;

30 et post triduum et tres noctes ex altissimo inferno tandem exaudiuit

Deus orationem Ionae et nihil illius corruptum est neque capillus neque palpebra.

31 Quanto magis ues pusilli fide et eos qui crediderunt in Christum Ihesum

excitabit sicut ipse surrexit. [32] Sicut enim super ossa Helisaei

prophete mortuus missus est a filiis Israel et resurrexit corpus et anima et

ossa et spiritus, quanto magis uos pusille fidei a mortuis in illa die

resurgetis habentes sanam carnem sicut et Christus resurrexit. [33] Similiter et

de Helia propheta filium uiduae a morte resuscitabit. Quanto magis nos dominos

Ihesus in uoce tube in note oculi a morte resuscitabit, sicut et ipse a mortuis

resurrexit. Tipum enim nobis in suo corpore ostendit. [34] Quod si quid aliud

recepistis, erit uobis Deus in testirnonium, et molestus mihi nemo sit.

Ego enim stigmata Christi in manibus habeo [35] ut Christum lucrer et stigmata

crucis eius in corpore mea, ut uenians in resurrectionem ex mortuis. [36] Et si

quisquam regulam accepit per felices prophetas et sanctum euangelium, manet,

mercedem accipiet et cum resurrexerit a mortuis uitam aeternam consequetur. [37]

Qui autem haec praeterit, ignis est cum illo et cum eis qui sic praecurrunt, qui

sine Deo sunt homines, [38] qui sunt genera uiperarum. [39] Quos repellite in

Domini potestate, [40] et erit nobiscum pax gratia et dilectio. Amen.

EPISTOLA AD CORINTHIOS TERTIA

TRADUCTION DU TEXTE

Corinthiens à l’apître saint Paul.

1 Stéphanus et les anciens qui sont avec lui,

Dabnus, [26]

Eubulus, Théophile et Xinon, [27]

et Paul notre frĂšre, [28]

évangéliste et fidÚle docteur en Jésus-Christ, salut.

2 Deux hommes sont venus Ă  Corinthe, Simon et

Cléobius, [29]

qui ébranlent [30]

fortement la foi de quelques-uns, les sĂ©duisant par d’abominables doctrines [3]

dont il faut que tu sois informĂ©; [4] car nous n’en avons jamais entendu de

semblables, ni de toi, ni des autres apĂŽtres, [5] et nous savons que ce que nous

avons entendu de toi et de ceux-ci, nous le gardons fidĂšlement. [6] Mais en ceci

le Seigneur nous a témoigné sa grande miséricorde, que nous pouvons de nouveau

recevoir tes enseignements pendant que tu es encore en chair au milieu de nous.

7 Ecris-nous donc maintenant, ou hĂąte-toi

de venir toi-mĂȘme chez nous, [8] car nous avons cette confiance dans le Seigneur

qu’il t’a dĂ©livrĂ© des mains de l’impie, comme cela a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© Ă  ThĂ©onas. [31]

9 Voici les doctrines d’erreur quo ces impurs

annoncent et enseignent:

10 Il ne faut pas, disent-ils, recevoir les

11 Dieu n’est pas tout-puissant;

12 Il n’y a pas de rĂ©surrection de la chair; [32]

13 L’homme n’a Ă©tĂ© nullement créé par Dieu;

14 JĂ©sus-Christ n’est pas nĂ© en chair de la

vierge Marie; [33]

15 Ils ne regardent point ce monde comme ayant

été créé par Dieu, mais par un certain ange.

16 Maintenant, frĂšre, prends la peine de venir

jusqu’à nous, pour qu’il n’y ait pas de scandale dans la ville de Corinthe, et

que la folie de ces hommes, confondue devant tous par une répréhension publique,

Au nom du Seigneur, [34]

1 Les diacres Théreptus et Tychus prirent cette

lettre et la portÚrent dans la ville de Philippes. [2] Lorsque Paul la reçut,

bien qu’il fĂ»t lui-mĂȘme dans les chaĂźnes Ă  cause de Statonice, femme d’Apollophane, [35]

comme s’il eĂ»t oubliĂ© ses liens, il fut dĂ©solĂ© des choses qu’il apprenait, [2]

et dit en pleurant: « Comme il vaudrait mieux pour moi ĂȘtre mort et ĂȘtre avec le

Seigneur, qu’ici dans ce corps, entendant de telles choses, » et apprenant

les calamitĂ©s d’une fausse doctrine ! Une tristesse en effet vient s’ajouter

Ă  une autre tristesse. [4] Et comme surcroĂźt Ă  de telles douleurs, ĂȘtre dans les

chaĂźnes, voir ces calamitĂ©s, ces angoisses, Satan s’efforçant de faire du mal Ă 

ceux vers lesquels il est accouru avec ses machinations! » [5] C’est ainsi, au

milieu de nombreuses souffrances, que Paul répondit à la lettre des Corinthiens:

1 Paul, prisonnier pour Jésus-Christ, aux frÚres

de Corinthe, du milieu de mes nombreuses tribulations, salut.

2 Je ne suis nullement étonné de ce que les

séductions du malin se répandent si vite; [3] mais le Seigneur Jésus va hùter sa

venue, parce que l’on change et mĂ©prise ses commandements. [4] Pour moi, dĂšs le

commencement, je vous ai enseignĂ© ce que j’ai reçu moi-mĂȘme des premiers

apÎtres, qui ont vécu tout le temps avec notre Seigneur Jésus-Christ.

5 Maintenant encore je vous dis [36]

que le Seigneur Jésus- Christ est né de la vierge Marie, qui était de la race de

David, selon les promesses de l’Esprit saint envoyĂ© du ciel en elle par le PĂšre,

6 afin que Jésus entrùt dans ce monde pour délivrer toute chair par sa chair

et nous ressusciter des morts, comme il nous en a donnĂ© l’exemple en sa

7 Pour qu’il devint Ă©vident que l’homme a Ă©tĂ©

créé par le PĂšre, [8] il n’a point Ă©tĂ© abandonnĂ© dans la perdition, mais il a

Ă©tĂ© recherchĂ© pour ĂȘtre vivifiĂ© par l’adoption. [9] Car Dieu, le maĂźtre de

toutes choses, le pÚre de notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui a créé le ciel

et la terre, a d’abord envoyĂ© les prophĂštes aux Juifs pour les arracher Ă  leurs

pĂ©chĂ©s et les amener Ă  sa justice. [10] Voulant sauver la maison d’IsraĂ«l, il a

envoyĂ© une part de l’Esprit sur les prophĂštes, pour qu’ils annonçassent pendant

bien longtemps la vraie religion et la naissance du Christ. [11] Mais le prince

d’iniquitĂ©, voulant s’égaler Ă  Dieu, mettait la main sur eux et enchaĂźnait tous

les hommes par le péché.

Comme le jugement du monde approchait, [12] le

Dieu tout-puissant, voulant justifier et non pas rejeter ses créatures, et les

voyant tourmentĂ©es, eut pitiĂ© d’elles [13] et, Ă  la fin des temps, il

envoya le Saint-Esprit dans la vierge [37]

prĂ©vue par les prophĂštes, [14] laquelle, ayant cru de tout son cƓur, devint

digne de concevoir et d’enfanter notre Seigneur JĂ©sus-Christ; [15] afin que, par

cette mĂȘme chair dont se glorifiait orgueilleusement le Malin, il fĂ»t repris

lui-mĂȘme et convaincu de n’ĂȘtre pas Dieu. [16] Car c’est en sa chair que

JĂ©sus-Christ a appelĂ© et sauvĂ© la chair pĂ©rissable et l’a amenĂ©e Ă  la vie

éternelle par la foi, [17] afin de préparer pour les temps futurs un

saint temple de justice en son corps, [18] par la foi auquel nous aussi avons

19 Sachez encore que ces hommes ne sont pas des

enfants de justice, mais des enfants de colĂšre, car ils Ă©loignent d’eux-mĂȘmes la

miséricorde de Dieu en disant que le ciel, la terre et toutes les créatures ne

sont point l’Ɠuvre du Pùre de toutes choses. [20] Ces maudits professent la

doctrine du serpent. [21] Mais vous, avec l’aide de Dieu, repoussez-les loin de

vous, et rejetez loin de vous leur doctrine perverse; [22] car vous n’ĂȘtes pas

des fils de la dĂ©sobĂ©issance, mais des enfants de l’Eglise bien-aimĂ©e: [23]

c’est pourquoi le temps de la rĂ©surrection est annoncĂ© Ă  tous.

24 Ceux qui disent: « Il n’y a point de

résurrection de la chair, » ceux-là ne ressusciteront point pour la vie

éternelle, mais pour la condamnation; car les incrédules ressusciteront en chair [38]

pour le jugement.

25 Car pour ceux qui disent de la chair: « Il

n’y a point de rĂ©surrection, pour ceux-lĂ  il n’y aura pas de rĂ©surrection, parce

qu’ils ont ainsi reniĂ© la rĂ©surrection. [39]

26 Vous savez bien, hommes de Corinthe, au sujet

de la semence du blĂ© et des autres semences, qu’un grain nu tombe seul en terre

et que ce grain, une fois dans le sol, commence par mourir; puis il ressuscite,

par la volontĂ© du Seigneur, revĂȘtant le mĂȘme corps qu’il avait auparavant ;

27 et ce n’est point un seul corps qui ressuscite, mais beaucoup d’autres

de mĂȘme espĂšce lĂšvent avec lui et prospĂšrent,

28 Ce n’est point seulement des semences que

nous devons tirer des exemples, mais aussi des corps plus nobles, de l’homme.

29 Vous savez que Jonas, fils d’Amathi, parce

qu’il refusait de prĂȘcher aux Ninivites, fut jetĂ© dans le ventre du poisson

et y resta trois jours et trois nuits. [30] Au bout de trois jours,

Dieu exauça ses priĂšres et le tira du fond de l’abĂźme, ans que son corps eĂ»t en

rien souffert, sans qu’un de ses cils eĂ»t Ă©tĂ© courbĂ©, ni qu’un de ses cheveux

eût été arraché. [31] A combien plus forte raison, vous, gens de petite foi, si

vous croyez au Seigneur Jésus-Christ, vous ressuscitera-t-il comme il est

lui-mĂȘme ressuscitĂ©.

32 Et si les ossements du prophÚte Elisée,

tombant sur un mort, ont ressuscité ce mort, [40]

Ă  combien plus forte raison vous, qui trouvez un appui dans la chair, le sang et

l’esprit du Christ, ressusciterez-vous en ce jour-lb avec votre corps intact.

33 Le prophĂšte Elie, en embrassant le fils de la

veuve, l’a ressuscitĂ© des morts. A combien plus forte raison JĂ©sus-Christ vous

ressuscitera-t-il, vous aussi, en ce jour-lĂ , comme il est lui-mĂȘme ressuscitĂ©

des morts aven son corps intact.

34 Si vous recevez inconsidérément quelque autre

doctrine , que personne désormais ne vienne plus me fatiguer. Car je porte

sur moi ces chaünes [35] afin de gagner Christ, et j’endure en mon corps les

tourments pour mériter la résurrection des morts. [36] Et vous qui avez tous

reçu la loi par les bienheureux prophÚtes et le saint Evangile, tenez ferme;

vous recevrez la récompense à la résurrection des morts, vous hériterez la vie

Ă©ternelle. [37] Mais s’il se trouve quelque homme de petite foi qui transgresse

ces enseignements, il prépare sa propre condamnation et sera chùtié avec ceux

qui soutiennent les desseins de ces hommes d’erreur; [41]

38 car ceux-ci sont une race de vipĂšres, une engeance de serpents et de

basilics. [39] Repoussez-les, sĂ©parez-vous d’eux avec l’aide de notre Seigneur

Jésus-Christ; [40] et que soient avec vous la paix et la grùce du bien aimé

premier-né. Amen.

Zohrab, dans la prĂ©face de l’Appendice Ă  la Bible armĂ©nienne de Venise,

ƒuvres de St. Ephrem (traduction armĂ©nienne ancienne), Venise,

1836, t. III, p. 116-123.

Le commentaire semble avoir été rédigé sur le texte arménien. Il manque

dans le manuscrit du commentaire sur les épßtres de Paul conservé à

la bibliothùque patriarcale d’Etschmiadzin.

La citation d’Aphruat signalĂ©e par Zahn ( Geschichte des

neutestamentlichen Kanons , II, 1, p. 161) est au moins

Binck, ou plutÎt le P.P. Ancher (voir plus bas), a relevé en tout trois

citations se rapportant au mĂȘme verset de l’épĂźtre aux Corinthiens (v.

11). La seule qui pourrait avoir de l’importance, si la source en Ă©tait

authentique, est celle qui serait empruntée à un discours de saint

GrĂ©goire l’illuminateur aux nĂ©ophytes (commencement du

iv e siĂšcle).

Mais le passage est si mal indiqué par Binck ( Sendschreiben, u. s. w .,

p. 14) que M. Vetter, qui a pris la peine de vĂ©rifier, ne l’a pas trouvĂ©

dans les Discours, d’ailleurs supposĂ©s de saint GrĂ©goire. La

citation existe cependant, mise dans la bouche de saint Grégoire,

mais il faut la chercher dans l’Histoire d’Agathange (Ă©d. de Tiflis,

1882, p. 168; éd. de Venise 1818, p. 215). M. Thoumaian ( Agathangelos

et la doctrine de l’Eglise armĂ©nienne au V e siĂšcle.

Lausanne, Georges Bride!, 1879) a bien cité le passage comme attribué à

saint Paul, mais n’en a pas reconnu l’origine (p 36), Le livre d’Agathange

contient du reste quelques autres traces de notre apocryphe.

Brosset, Histoire chronologique de MĂ©khithar d’AĂŻrivank, traduit

de l’armĂ©nien. Saint-PĂ©tersbourg, 1869, p 81 (dans les MĂ©moires

de l’AcadĂ©mie des sciences de Saint PĂ©tersbourg, 7 e

série, t. XIII. n° 5).

Ce Clément, que Mékhithar fait figurer sur une autre liste comme

l’auteur d’un apocryphe intitulĂ©: Quels livres doivent ĂȘtre admis?

est probablement, dans la pensĂ©e de l’auteur, ClĂ©ment d’Alexandrie.

Amsterdam et Utrecht, 1714.

EpistolƓ S. Pauli ad Corinthios et

Corinthiorum ad S. Paulum armenice, ex museo viri clariss. P.

Massonii, versionem latinam accurante Wilkins .

Amstelodami , 1715.

Hambourg, 1719.

Thesaurus epistolicus Lacrozianus.

Lipsiae , 1746, t. III, p. 237 sv.

A grammar armenian and english

Venice , 1819 et 1832.

Cette traduction est rĂ©imprimĂ©e dans les Ɠuvres de Lord Byron (Paris

Galignani, 1842, p. 819) et accompagnée de la note suivante :

Done into english by me, february 1817, at the convent of San

Lazaro with the aid and exposition of the armenian text by the father

Pascal Aucher, armenian friar.

Venice, april 10, 1817.

I had also the latin text,

but it is in many place very corrupt and with great omissions.

Byron dans ces derniers mots veut parler

de la traduction latine de D. Wilkins.

Das Sendschreiben der

Korinther an den Apostel Paulus und das dritte Sendschreiben Pauli an

die Korinther. Heidelberg, 1823.

Heidelberger JahrbĂŒcher der Literatur,

Geschichte des

Neutestamentlichen Kanons 2, Band. 2. HĂ€lfte, 1. Abth. p.

Octateuque, JĂ©rĂ©mie. Actes. ÉpĂźtres catholiques, Apocalypses, Rois,

Livres sapientiaux : Job, Tobie, Judith, Esther, Esdras, Macchabées,

Ezéchiel, Daniel, petits ProphÚtes, Esaïe, saint Paul

L’auteur de la note n’a pas remarquĂ© que le rit ambrosien est, sur ce

point, d’accord avee la liturgie romaine.

On connaĂźt trois autres manuscrits provenant de Biasca et qui sont

entrĂ©s Ă  la bibliothĂšque Ambrosienne avec notre manuscrit; l’un d’eux

est un sacramentaire du rit ambrosien, du dixiĂšme siĂšcle ( A 24

bis inf. Delisle, MĂ©moire sur d’anciens sacramentaires, p.

Description sommaire du manuscrit: 485 millimĂštres sur 380. 169

feuillets. 2 colonnes de 49 Ă  51 lignes. Titres courants noirs,

chapitres rouges et rubriques; quelques grandes initiales Ă  entrelace.

Commencement: Desiderii mei (préface de la

GenÚse). TrÚs mutilé.

L’épĂźtre aux LaodicĂ©ens est assez incorrecte et montre plusieurs leçons

trĂšs rares (ainsi, vers. 14 petiones , avec

le seul Codex Toletanus . Cf. J.-B.

Lightfoot, Colossians , troisiÚme édit, 1879, p. 287)

doit ĂȘtre une mauvaise

que l’armĂ©nien a bien rendu par “adoption”.

Traduction des versets 15

(fin) et 16, qui se trouvent ici dĂ©placĂ©s par suite d’une erreur

du copiste ou du traducteur.

Corrigez probaretur,

d’aprùs le v. 8.

Dabnus = Î”áœ±Ï†ÎœÎżÏ‚

laurier = ΎᜱφΜη .

Xinon = Zénon; le traducteur arménien a sans doute pris un Z pour un X.

La faute serait inexplicable en supposant un original syriaque.

La traduction suivante des versets 7 et 8, conforme Ă  la version latine,

nous paraßt résulter du texte qui a servi de base au commentaire

d’Ephrem, en assez mauvais Ă©tat Ă  cet endroit: « HĂąte-toi donc de venir

toi-mĂȘme chez nous, — car nous avons cette confiance dans le Seigneur

qu’il t’a dĂ©livrĂ© des mains de l’impie, comme cela a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© Ă 

ThĂ©onas, — ou bien Ă©cris-nous une lettre. »

Z. ajoute: pour les morts, ou bien: des corps morts.

Texte d’Ephrem et latin: « Ils disent que notre Seigneur n’est pas venu

en chair, et ne le regardent point comme né de la vierge Marie. »

Z.: Apopholanus.

Les premiers mots : « Maintenant encore je vous dis », manquent dans le

texte d’Ephrem et le latin, qui rĂ©unissent en une seule phrase les

versets 4 et 5: « Je vous ai enseignĂ© ce que j’ai reçu.... savoir, que

le Seigneur Jésus-Christ est né, etc. »

Au lieu de « dans la vierge, » le texte d’Ephrem porte: « en Marie la

GalilĂ©enne »,et n’a pas : « prĂ©vue par les prophĂšte. ». De mĂȘme le

Z. : ils ressusciteront avec leur chair incrédule.

Ce verset n’est qu’une rĂ©daction plus ancienne du v. 24; voir le

commentaire d’Ephrem et la version latine. Le texte en est mal conservĂ©

Ephrem paraphrase un texte plus conforme Ă  la tradition biblique et au

latin. « Et si les ossements d’ElisĂ©e ont rendu Ă  la vie le mort qui

tomba sur eux, etc. »

Le commentaire d’Ephrem et la version latine donne un texte diffĂ©rent :

« Celui qui transgresse ces enseignements, le feu lui est réservé, à lui

et à ceux qui lui ont ainsi montré le chemin, hommes sans Dieu. »

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