⚠️ Protévangile de Jacques

Texte apocryphe — rejeté du canon biblique

⚠️ Rappel : Ce texte n'est pas inspiré. Présenté pour étude et réfutation. Consultez les fiches de réfutation dans Études.
Introduction 0 versets ▼

LES ÉVANGILES APOCRYPHES

PROTÉVANGILE

DE JACQUES LE MINEUR.

Traduction française :

GUSTAVE BRUMET

Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer

PROTÉVANGILE DE JACQUES LE MINEUR.

Le nom donné à

cette composition lui vient de ce qu'elle rend compte des événements

qui précédèrent

immédiatement

la prédication

de la religion chrétienne.

Il est fait mention du Protévangile

dans les Pères

de l'Église

les plus anciens, tels qu'Origène">Origène,

St Épiphane,

St Grégoire

de Nysse; dès

le second siècle

St Justin et St Clément

d'Alexandrie avaient parlé

des fables qu'il renferme. Il nous est parvenu dans une rédaction

grecque, œuvre

sans doute de quelque écrivain

de l'Orient. Le savant et visionnaire Postel,[1] l’ayant rencontrée

dans le cours de ses voyages, en donna une traduction latine qui fut imprimée

à Bâle

en 1552, et qui reparut à

Strasbourg en 1570. Cette publication suscita une vive controverse. Henry

Estienne (Apologie pour Hérodote,

Chapitre 33 0 versets ▼

lui-même

l'auteur de l'ouvrage qu'il publiait et de l'avoir composé

en dérision de la religion chrestienne.

Hérold

n'en reproduisit pas moins dans ses

Orthodoxographa,

la version de Postel, et Néander,

en 1564, en publia pour la première

fois, le texte grec, sans faire connaître

d'où

lui venait le manuscrit dont il faisait usage, mais qui était

assurément

un autre que celui dont le premier traducteur s'était servi, car l'on remarque des différences notables entre la version de Postel et le texte tel que le donne

Néander,

et tel que l'ont reproduit Grynœus

et Fabricius. Ce dernier ne crut pas devoir réimprimer

les notes de Néander et celles dont Bibliander avait accompagné

le travail de Postel ; son texte grec est peu correct et Birch en a trop

scrupuleusement transcrit les erreurs. Jones s'attacha au contraire au texte de

Grynœus

se rencontrent des leçons préférables

celles de Fabricius. Il est singulier que jusqu'à

Thilo, aucun éditeur n'ait pris la peine de consulter d'autres

manuscrits; ils ne sont point rares; la Bibliothèque du roi en renferme huit

dont le laborieux professeur de Bâle a compulsé

toutes les variantes. Celles de deux

manuscrits du Vatican étaient

déjà

connues grâces

aux soins de Birch. Les bibliothèques

de Vienne et d'Oxford possèdent

aussi de nombreux manuscrits de cette légende,

mais il ne paraît

pas qu'il s'en rencontre un seul antérieur

au dixième

siècle.

L'expression de Protévangile, c'est-à-dire

de premier évangile,

paraît

avoir été

forgée

par Postel, elle ne se rencontre dans aucun manuscrit C'est sous le nom de

Jacques l'Hébreu

que cette légende

est désignée

dans quelques anciens écrivains, et ce n'est qu'à une époque

d'ignorance qu'on l'attribua à

l'apôtre

saint Jacques. Plusieurs des faits qu'elle relate sont consignés dans de graves écrivains

de l'église

grecque, tels qu'André

de Crète

qui vivait au septième

siècle,

Germain, patriarche de Constantinople, St Jean Damascène, Georges, archevêque

de Nicomédie,

Photius et divers autres prédicateurs

dont les homélies sont éparses

dans le vaste recueil de Combefis. (Nova

auc. Bibl. Patrum,

Paris 1672, 2 vol. in folio). Plusieurs de ces récits

sont même

demeurés

dans les liturgies de l'église

grecque, preuve de leur popularité

et de la confiance avec laquelle ils étaient

reçus.

Il existe au Vatican, à la bibliothèque

du roi à

Paris et dans d'autres grands dépôts

des traductions arabes, syriaques ou coptes de l'évangile

St-Jacques ; elles n'ont point vu le jour.

Cet écrit

présente

les mœurs

du peuple Juif sous un

aspect qui ne manque point de vérité ;

les plaintes de Ste Anne au sujet de sa stérilité

sont remplies de vivacité

et de mouvement ; dans le cantique qu'elle chante en présentant

sa fille au temple, il faut reconnaître

des lambeaux poétiques,

fragments tronqués

et perdus dont la forme lyrique et l'entraînement

tranchent d'une façon

si nette sur le fond du récit.

Dans son état

actuel, quelques passages de cette légende

ont pu faire soupçonner

qu'elle avait été

retouchée

par un de ces gnostiques qui condamnaient le mariage, qui maintenaient que le

corps de Jésus-Christ

n'avait été

qu'un fantôme,

une apparence formée d'une substance éthérée

et céleste.

Chapitre I 0 versets ▼

On lit dans les histoires des douze tribus d'Israël,

que Joachim était

fort riche et il présentait

Dieu de doubles offrandes,

disant en son cœur

Que mes biens soient à tout le peuple, pour la rémission

de mes péchés

auprès

de Dieu, afin que le Seigneur ait pitié

de moi. »

La grande fête

du Seigneur survint et les fils d'Israël

apportaient leurs offrandes (01) et Ruben

s'éleva

contre Joachim, disant : «

Il ne t'appartient pas de présenter

ton offrande, car tu n'as point eu de progéniture

en Israël.

Et Joachim fut saisi d'une grande affliction et il s'approcha des généalogies

(02) des douze tribus en disant en lui-même :

Je verrai dans les tribus d'Israël

si je suis le seul qui n'ait point eu de progéniture

en Israël. »

Et en recherchant il vit que tous les justes avaient laissé

de la postérité,

car il se souvint du patriarche Abraham auquel, dans ses derniers jours, Dieu

avait donné

pour fils Isaac. Joachim affligé

ne voulut pas reparaître

devant sa femme; il alla dans le désert

et il y fixa sa tente et il jeûna

quarante jours et quarante nuits, disant dans son cœur

Je ne prendrai ni nourriture ni boisson, mais ma prière

sera ma nourriture. »

Chapitre II 0 versets ▼

Sa femme Anne souffrait d'un double chagrin et

elle était

en proie à

une double douleur, disant : «

Je déplore

mon veuvage et ma stérilité.

La grande fête

du Seigneur survint et Judith, la servante d'Anne, lui dit: « Jusques

quand affligeras-tu ton âme?

Il ne t'est pas permis de pleurer, car voici le jour de la grande fête

(03). Prends donc ce manteau et orne ta tête.

Tout aussi sûre

que je suis ta servante, tu auras l'apparence d'une reine. » Et Anne

répondit

: « Éloigne-toi

de moi ; je n'en ferai rien. Dieu m'a fortement humiliée. Crains que Dieu ne me punisse

à cause de ton péché.

La servante Judith répondit : «

Que te dirai-je, puisque tu ne veux pas écouter

ma voix ! C'est avec raison que Dieu a clos ton ventre afin que tu ne donnes pas

un enfant à

Israël » Et Anne fut très

affligée,

et elle quitta ses vêtements

de deuil ; elle orna sa tête

et elle se revêtit

d'habits de noces. Et, vers la neuvième

heure, elle descendit dans le jardin pour se promener, et, voyant un laurier,

elle s'assit dessous et elle adressa ses prières

au Seigneur, disant : «

Dieu de mes pères,

bénis-moi

et écoute

ma prière,

ainsi que tu as béni

les entrailles de Sara et que tu lui as donné

Isaac pour fils. »

Chapitre III 0 versets ▼

En regardant vers le ciel, elle vit sur le

laurier le nid d'un moineau et elle s'écria

avec douleur. « Hélas!

quoi puis-je être

comparée?

qui dois-je la vie pour être

ainsi maudite en présence des fils d'Israël?

Ils me raillent et m'outragent et ils m'ont chassée

du temple du Seigneur. Hélas!

quoi suis-je semblable? je ne peux être

comparée

aux oiseaux du ciel, car les oiseaux sont féconds

devant vous, Seigneur. Je ne peux être

comparée

aux animaux de la terre, car ils sont féconds.

Je ne peux être

comparée

ni à

la mer, car elle est peuplée

de poissons, ni à

la terre, car elle donne des fruits en leur temps et elle bénit

le Seigneur (04). »

Chapitre IV 0 versets ▼

Et voici que l'ange du Seigneur vola vers elle,

lui disant : «

Anne, Dieu a entendu ta prière;

tu concevras et tu enfanteras et ta race sera célèbre

dans le monde entier. »

Anne dit : «

Vive le Seigneur, mon Dieu ; que ce soit un garçon ou une fille que j'engendre, je l'offrirai au Seigneur, et il

consacrera toute sa vie au service divin. » Et voici

que deux anges vinrent lui disant : « Joachim, ton mari, arrive avec ses troupeaux. » L'ange

du Seigneur descendit vers lui, disant :

« Joachim, Joachim, Dieu a entendu ta prière,

ta femme Anne concevra. »

Et Joachim descendit et il appela ses pasteurs, disant : « Apportez-moi dix

brebis pures et sans taches, et elles seront au Seigneur mon Dieu. Et conduisez

moi douze veaux sans taches, et ils seront aux prêtres

et aux vieillards de la maison d'Israël,

et amenez-moi cent boucs et ces cent boucs seront à tout le

peuple. »

Et voici que Joachim vint avec ses troupeaux, et Anne était

la porte de sa maison et elle aperçut

Joachim qui venait avec ses troupeaux, elle courut et se jeta à son cou,

disant : «

Je connais maintenant que le Seigneur Dieu m'a bénie,

car j'étais

veuve et je ne le suis plus ; j'étais

stérile

et j'ai conçu.

Et Joachim reposa le même

jour dans sa maison.

Chapitre V 0 versets ▼

Le lendemain, il présenta

ses offrandes en se disant en son cœur

Si le Seigneur m'a béni, qu'il y en ait pour moi un signe manifeste sur la lame des ornements

du grand-prêtre.

Et Joachim offrit ses dons et il regarda la lame ou bephoil, lorsqu'il fut admis

l'autel de Dieu et il ne vit pas de péché

en lui. Et Joachim dit : «

Je sais maintenant que le Seigneur m'a exaucé

et qu'il m'a remis tous mes péchés.

Et il descendit justifié de la maison du Seigneur et il vint dans sa maison. Anne conçut

et le neuvième

mois elle enfanta et elle dit à

la sage-femme : «

Qu'ai-je enfanté?

et l'autre répondit

Une fille. »

Et Anne dit : «

Mon âme

s'est réjouie

cette heure. »

Et Anne allaita son enfant et lui donna le nom de Marie.

Chapitre VI 0 versets ▼

L'enfant se fortifia de jour en jour. Lorsqu'elle

eut six mois, sa mère

la posa à terre pour voir si elle se tiendrait debout Et elle fit sept pas en

marchant et elle vint se jeter dans les bras de sa mère.

Et Anne dit : «

Vive le Seigneur mon Dieu; tu ne marcheras pas sur la terre jusqu'à

ce que je t'ai offerte dans le temple du Seigneur. » Et elle

fit la sanctification dans son lit, et tout ce qui était

souillé

9 elle l'éloignait

de sa personne, à

cause d'elle. Et elle appela des filles juives sans tache et elles soignaient

l'enfant. Et quand elle eut accompli sa première

année,

Joachim donna un grand festin et il convia les princes des prêtres

et les scribes et tout le sénat

et tout le peuple d'Israël.

Et il offrit des présents aux princes des prêtres

ils le bénirent,

disant : «

Dieu de nos pères,

bénis

cette enfant et donne-lui un nom qui soit célébré

dans toutes les générations.

Et tout le peuple dit : «

Amen, ainsi soit-il » Et les parents de Marie.la présentèrent

aux prêtres

et ils la bénirent,

disant : «

Dieu de gloire, jette tes regards sur cette enfant et accorde-lui une bénédiction

qui ne connaisse aucune interruption. »

Et sa mère

la prit et lui donna le sein et elle entonna un cantique, disant : « Je

chanterai les louanges du Seigneur mon Dieu, car il m'a visitée et il m'a délivrée

des outrages de mes ennemis. Et le Seigneur Dieu m'a donné

un fruit de justice multiplié

en sa présence.

Qui annoncera aux enfants de Ruben qu’Anne a un nourrisson? Écoutez,

vous les douze tribus d'Israël,

apprenez qu’Anne nourrit. »

Et elle déposa

l'enfant dans le lieu de sa sanctification et elle sortit et elle servit les

convives. Quand le festin fut terminé,

ils se retirèrent

pleins de joie et ils lui donnèrent

nom de Marie, en glorifiant le Dieu d'Israël

(05).

Chapitre VII 0 versets ▼

Quand Marie eut deux ans, Joachim dit à Anne, son

épouse

: « Conduisons la au temple de Dieu, afin d'accomplir le vœu

que nous avons formé et de crainte que Dieu ne se courrouce contre nous et qu'il ne nous

cette enfant »

Et Anne dit: «

Attendons la troisième année,

de crainte qu'elle ne redemande son père

et sa mère» »

Et Joachim dit : «

Attendons. » El l'enfant atteignit l'âge

de trois ans et Joachim dit : «

Appelez les vierges sans tache des Hébreux

et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument»

et que l'enfant ne se retourne pas en arrière

et que son esprit ne s'éloigne

pas de la maison de Dieu. »

Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent

dans le temple. Et le prince des prêtres

reçut

l'enfant et il l'embrassa et il dit : «

Marie, le Seigneur a donné

de la grandeur à ton nom dans toutes les générations,

et, à

la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la

rédemption

des fils d'Israël. »

Et il la plaça sur le troisième

degré

de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit

sa grâce

sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la

maison d'Israël

la chérit.

Chapitre VIII 0 versets ▼

Et ses parents descendirent, admirant et louant

Dieu de ce que l'enfant ne s'était

pas retournée

vers eux. Marie était

élevée

comme une colombe dans Ip tçmpje

du Seigneur et elle recevait de la nourriture de la main des anges. Quand elle

eut Wm$ r*f* 4f, douze ans, les prêtres

se réunirent

dans le temple du Seigneur et ils dirent : « Voici

que Marie a passé dix ans dans le temple ; que ferons-nous à son

égard,

de peur que la sanctification du Seigneur notre Dieu n'éprouve

quelque souillure? »

Et les prêtres

dirent au prince des prêtres

Va devant l'autel du Seigneur et prie pour elle, et ce que Dieu t'aura manifesté,

nous nous y conformerons. »

Le prince des prêtres,

ayant pris sa tunique garnie de douze clochettes entra donc dans le Saint des

Saints et il pria pour Marie. Et voici que l'ange du Seigneur se montra à lui et

lui dit : «

Zacharie, Zacharie, sors et convoque ceux qui sont veufs parmi le peuple et

qu'ils apportent chacun une baguette et celui que Dieu désignera

par un signe sera l'époux

donné à

Marie pour la garder. » Des hérauts

allèrent

donc dans tout le pays de Judée,

et la trompette du Seigneur sonna et tous accouraient.

Chapitre IX 0 versets ▼

Joseph ayant jeté

sa hache, vint avec les autres. Et s'étant

réunis,

ils allèrent

vers le grand-prêtre,

après

avoir reçu

des baguettes. Le

grand-prêtre

prit les baguettes de chacun, il entra dans le temple et il pria et il sortit

ensuite et il rendit à

chacun la baguette qu'il avait apportée,

et aucun signe ne s'était manifesté,

mais quand il rendit à

Joseph sa baguette, il en sortit une colombe et elle alla se placer sur la tête

de Joseph. Et le grand-prêtre

dit à Joseph : «

Tu es désigné

par le choix de Dieu

afin de recevoir cette vierge du Seigneur pour la garder auprès

de toi. »

Et Joseph fit des objections disant : «

J'ai des enfants et je suis vieux, tandis qu'elle est fort jeune ; je crains d'être

un sujet de moquerie pour les fils d'Israël.

Le grand-prêtre

répondit

à Joseph : «

Crains le Seigneur ton Dieu et rappelle-toi comment Dieu agit à l'égard

de Dathan, d'Abiron et de Coreh, comment la terre s'ouvrit et les engloutit,

parce qu'ils avaient osé

s'opposer aux ordres de Dieu. Crains donc, Joseph, qu'il n'en arrive autant

ta maison. »

Joseph épouvanté

reçut

Marie et lui dit : «

Je te reçois

du temple du Seigneur et je te laisserai au logis, et j'irai exercer mon métier

de charpentier et je retournerai vers toi. Et que le Seigneur te garde tous les

jours. »

Chapitre X 0 versets ▼

Et il y eut une réunion

des prêtres

et ils dirent : « Faisons un voile ou un tapis pour le temple du Seigneur. » Et le

prince des prêtres dit : «

Appelez vers moi les vierges sans tache de la tribu de David. » Et l'on

trouva sept de ces vierges. Le prince des prêtres

vit devant lui Marie qui était

de la tribu de David et qui était

sans tache devant Dieu. Et il dit : «

Tirez au sort laquelle filera du fil d'or et d'amianthe et de fin lin et de soie

et d'hyacinthe et d'écarlate. »

Et la vraie pourpre et l'écarlate

échurent

Marie par le sort, et les ayant reçus,

elle alla en sa maison. Et, dans ce même

temps, Zacharie devint muet et Samuel prit sa place. Jusqu'à

ce que Zacharie t'adressa derechef la parole, ô Marie.

Et Marie, ayant reçu

la pourpre et l'écarlate,

se mit à

filer.

Chapitre XI 0 versets ▼

Et, ayant pris une cruche, elle alla puiser de

l'eau et voici qu'elle entendit une voix qui disait :

Je te salue, Marie, pleine de grâce,

le Seigneur est avec toi; tu es bénie

parmi toutes les femmes. »

Marie regardait à droite et à gauche afin de savoir d'où

venait cette voix. Et, étant effrayée,

elle entra dans sa maison, et elle posa la cruche, et ayant pris la pourpre,

elle s'assit sur sou siège

pour travailler. Et voici que l'ange du Seigneur parut eu sa présence,

disant : «

Ne crains rien, Marie; tu as trouvé

grâce

auprès

du Seigneur. »

Et Marie l'entendant, pensait en elle-même

: « Est-ce que je concevrai de Dieu et enfanterai-je comme les autres

engendrent? »

Et l'ange du Seigneur lui dit : «

Il n'en sera point ainsi, Marie, car la vertu de Dieu te couvrira de son ombre,

et le Saint naîtra

de toi, et il sera appelé

le fils de Dieu. Et tu lui donneras le nom de Jésus;

il rachètera

son peuple des péchés

qu'il a commis. Et ta cousine Elizabeth

a conçu

un fils dans sa vieillesse, et celle qu'on appelait stérile

est dans son sixième mois, car il n'est rien d'impossible à Dieu. »

Et Marie lui dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il en soit pour moi selon ta

parole. »

Chapitre XII 0 versets ▼

Et ayant terminé

la pourpre et l'écarlate,

elle les porta au grand-prêtre.

Et il la bénit,

et il dit : «

O Marie, ton nom est glorifié

et tu seras bénie

dans toute la terre. »

Et Marie, ayant conçu

une grande allégresse,

alla vers Élizabeth,

sa cousine, et elle frappa à

sa porte. Élizabeth

l'entendant, courut à

sa porte et elle aperçut

Marie, et elle dit : « D'où

me vient que la mère

de mon Seigneur se transporte près

de moi? Ce qui est en moi s'est élancé

et t'a bénie.

Et les mystères

que l'archange Gabriel avait annoncés

Marie étaient

cachés

pour elle. Et regardant au ciel, elle dit : « Que

suis-je donc pour que toutes les générations

m'appellent ainsi heureuse. »

De jour en jour, son ventre s'enflait, et Marie, saisie de crainte, se retira

dans sa maison et se cacha aux regards des enfants d'Israël.

Et elle avait seize ans lorsque cela se passait.

Chapitre XIII 0 versets ▼

Le sixième

mois de sa grossesse étant

venu, voici que Joseph revint de son travail de charpentier, et, entrant dans sa

maison, il vit que Marie était

enceinte, et, baissant la tête,

il se jeta par terre, et il se livra à

une grande désolation,

disant : «

Comment me justifierai-je

devant Dieu? Comment prierai-je pour cette femme? je l'ai reçue

vierge du temple du Seigneur Dieu, et je ne l'ai pas gardée.

Quel est celui qui a fait cette mauvaise action dans ma maison et qui a corrompu

cette vierge? L'histoire d'Adam ne s'est-elle

pas reproduite pour moi? car dans l'heure de sa gloire, le serpent entra, et il

trouva Eve seule, et il l'a trompée;

et vraiment il m'en est arrivé

de même.

Et Joseph se releva de dessus le sac sur lequel il s'était

jeté,

et il dit à

Marie : «

O toi qui étais

d'un tel prix aux yeux du Seigneur, pourquoi agi de la sorte, et pourquoi as-tu

oublié

le Seigneur ton Dieu, toi qui as été élevée

dans le Saint des Saints? Toi qui recevais la pourriture de la main des anges,

pourquoi as-tu ainsi manqué à

tes devoirs? »

Marie pleurait très

amèrement,

et elle répondit

Je suis pure, et je n'ai point connu d'homme. » Et

Joseph lui dit : « Et d'où

vient donc que tu as conçu?

Et Marie répondit

Vive le Seigneur mon Dieu ; je le prends

à témoin

que je ne sais point comment il en est ainsi. »

Chapitre XIV 0 versets ▼

Et Joseph, frappé

de stupeur, pensait en lui-même

Qu'est-ce que je ferai d'elle? »

Et il dit : «

Si je cache son péché,

je serai trouvé

coupable selon la loi du Seigneur; si je l'accuse et si je la traduis devant les

fils d'Israël,

je crains que ce ne soit point juste et que je ne livre le sang innocent à la

condamnation de la mort? Qu'est-ce donc que je ferai d'elle? Je la quitterai en

secret. »

Et il se livrait à

ses pensées

durant la nuit. Voici que l'ange du Seigneur lui apparut pendant son sommeil, et

lui dit : «

Ne crains pas de garder cette femme ; celui qui naîtra

d'elle est l'œuvre

du Saint-Esprit, et tu lui donneras le nom de Jésus; il rachètera

les péchés

de son peuple. »

Et Joseph se leva et il glorifia le Dieu d'Israël.

Chapitre XV 0 versets ▼

Le scribe Anne vint à Joseph et lui dit : «

Pourquoi ne t'es-tu pas rendu à

l'assemblée?

Et Joseph lui répondit

J'étais

fatigué

du chemin que je venais de faire, et j'ai voulu prendre du repos le premier

jour. » Et le scribe s'étant

retourné,

vit que Marie était

enceinte, et il s'en alla en courant vers le grand-prêtre,

et il lui dit : « Joseph, auquel tu ajoutes foi, a gravement péché.

Et le grand-prêtre

dit : «

Qu'y a-t-il? »

Et le scribe répondit:

Il a souillé

la vierge qu'il avait reçue

du temple du Seigneur, et il a fraudé

la loi du mariage, et il s'est caché

devant les enfants d'Israël.

Et le prince des prêtres

répondit:

Est-ce que Joseph a fait cela? »

Et le scribe Anne dit : «

Envoie des ministres, et ils verront que Marie est enceinte. » Et les

ministres allèrent, et ils trouvèrent

que le scribe avait dit vrai. Et ils conduisirent Marie et Joseph pour être jugés,

et le grand-prêtre

dit : «

Marie, comment as-tu agi ainsi, et pourquoi as-tu perdu ton âme, toi

qui as été élevée

dans le Saint des Saints, qui as reçu

la nourriture de la main des anges, qui as entendu les mystères

du Seigneur et qui t'es réjouie

en sa présence?

Elle pleurait très

amèrement,

et elle répondit

Vive le Seigneur mon Dieu ; je suis pure en présence

du Seigneur, et je ne connais point d'homme. » Et le

grand-prêtre

dit à

Joseph : «

Pourquoi as-tu agi ainsi? »

Et Joseph dit : «

Vive le Seigneur Dieu et vive son Christ; je les prends à témoin

que je suis pur de tout commerce avec elle. » Et le

grand-prêtre

répondit

Ne rends point un faux témoignage,

mais dis la vérité;

tu as dérobé

ses noces et tu l'as caché

aux fils d'Israël,

et tu n'as pas courbé la tête

sous la main du Tout-Puissant, afin que ta race fût

bénie.

Chapitre XVI 0 versets ▼

Et le grand-prêtre

dit encore : «

Rends cette vierge que tu as reçue

du temple du Seigneur. »

Et Joseph répandait

beaucoup de larmes, et le grand-prêtre

dit : « Je vous ferai boire l'eau de la conviction du

Seigneur, et votre péché

se manifestera à

vos yeux. » (06) Et ayant pris l'eau, le grand-prêtre

en fit boire à

Joseph, et l'envoya sur les lieux hauts, et Joseph en revint en pleine santé.

Marie en but aussi, et elle alla dans les montagnes, et elle revint sans avoir

éprouvé

aucun mal. Et tout le peuple fut frappé

de surprise, de ce qu'il ne s'était

point manifesté

en eux de péché.

Et le grand-prêtre

dit : « Dieu n'a point manifesté

votre péché,

et je ne vous condamnerai pas. »

Et il les renvoya absous. Et Joseph prit Marie, et il la ramena chez lui, plein

de joie et glorifiant le Dieu d'Israël

Chapitre XVII 0 versets ▼

L'empereur Auguste rendit un édit pour

que tous ceux qui étaient

Bethléem

eussent à

se faire enregistrer. Et Joseph dit ; «

Je ferai enregistrer mes fils, mais que ferai-je à l'égard

de cette femme? Comment la ferai-je inscrire? La ferai-je inscrire comme mon

épouse?

Elle n'est pas mon épouse,

et je l'ai reçue en dépôt

du temple du Seigneur, Dirai-je qu'elle est ma fille? Mais tous les enfants

d'Israël

savent qu'elle n'est pas ma fille. Que ferai-je donc à son

égard?

Et Joseph sella une ânesse, et il fit monter Marie sur cette ânesse. Joseph et Simon suivaient

à trois milles. Et Joseph s'étant

retourné,

vit que Marie était

triste, et il dit : «

Peut-être

ce qui est en elle l'afflige. »

Et s'étant

retourné

de nouveau, il vit qu'elle riait, et il lui dit : « O Marie,

d'où

vient donc que ta figure est tantôt

triste et tantôt

gaie? »

Et Marie dit à Joseph : «

C'est parce que je vois deux peuples de mes yeux, l'un pleure et gémit,

l'autre rit et se livre à

la joie. »

Et étant

arrivés

au milieu du chemin, Marie lui dit : «

Fais-moi descendre de mon ânesse,

parce que ce qui est en moi me presse extrêmement;

et Joseph la fit descendre de dessus l'ânesse

et il lui dit : « Où

est-ce que je t'amènerai,

car ce lieu est désert?

Chapitre XVIII 0 versets ▼

trouvant en cet endroit une caverne,

il y fit entrer Marie, et il laissa son fils pour la garder, et il s'en alla

Bethléem

chercher une sage-femme. Et lorsqu'il était

en marche, il vit le pôle

ou le ciel arrêté,

et l'air était

obscurci, et les oiseaux s'arrêtaient

au milieu de leur vol. Et regardant à

terre, il vit une marmite pleine de viande préparée,

et des ouvriers qui étaient couchés

et dont les mains étaient

dans les marmites. Et, au moment de manger, ils ne mangeaient pas, et ceux qui

étendaient

la main, ne prenaient rien, et ceux qui voulaient porter quelque chose à leur

bouche, n'y portaient rien, et tous tenaient leurs regards élevés

en haut. Et les brebis étaient

dispersées,

elles ne marchaient point, mais elles demeuraient immobiles. Et le pasteur,

élevant

la main pour les frapper de son bâton,

sa main restait sans s'abaisser. Et regardant du côté

d'un fleuve, il vit des boucs dont la bouche touchait l'eau, mais qui ne

buvaient pas, car toutes choses étaient

en ce moment détournées

de leur cours.

Chapitre XIX 0 versets ▼

Et voici qu'une femme descendant des montagnes, lui dit : « Je te

demande où

tu vas? »

Et Joseph répondit

Je cherche une sage-femme de la race des Hébreux.

Et elle lui dit : «

Es-tu de la race d'Israël?»

Et il répliqua

que oui. Elle dit alors : « Et quelle est cette femme qui enfante dans cette

caverne? » Et il répondit

C'est celle qui m'est fiancée.

Et elle dit : «

Elle n'est pas ton épouse?»

Et Joseph dit : «

Ce n'est pas mon épouse,

mais c'est Marie qui a été élevée

dans le temple du Seigneur, et qui a conçu

du Saint-Esprit »

Et la sage-femme lui dit : «

Est-ce que c'est véritable?

Et il dit : «

Viens-le voir. »

Et la sage-femme alla avec lui. Et elle s'arrêta

quand elle fut devant la caverne. Et voici qu'une nuée

lumineuse couvrait cette caverne. Et la sage-femme dit: « Mon

a été

glorifiée

aujourd'hui, car mes yeux ont vu des merveilles. » Et tout

d'un coup la caverne fut remplie d'une clarté

si vive que l'œil

ne pouvait la contempler, et quand cette lumière se fut peu à

peu dissipée,

l'on vit l'enfant Sa mère

Marie loi donnait le sein. Et la sage-femme s'écria

Ce jour est grand pour moi, car j'ai vu un grand spectacle. » Et elle

sortit de la caverne, et Salomé fut au devant d'elle. Et la sage-femme dit à Salomé

J'ai de grandes merveilles à

te raconter ; une vierge a engendré,

et elle reste vierge. » Et Salomé

dit : «

Vive le Seigneur mon Dieu ; si je ne m'en assure pas moi-même,

je ne croirai pas. »

Chapitre XX 0 versets ▼

Et la sage-femme, rentrant dans la caverne, dit à

Marie : «

Couche-toi, car un grand combat t'est réservé.

Salomé

l'ayant touchée,

sortit en disant : « Malheur à

moi, perfide et impie, car j'ai tenté

le Dieu vivant. Et ma main brûlée

d'un feu dévorant

tombe et se sépare de mon bras. »

Et elle fléchit

les genoux devant Dieu, et elle dit : «

Dieu de nos pères,

souviens-toi de moi, car je suis de la race d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Et

ne me confonds pas devant les enfants d'Israël,

mais rends-moi à

mes parents. Tu sais, Seigneur, qu'en ton nom j'accomplissais toutes mes cures

et guérisons,

et c'est de toi que je recevais une récompense.

Et l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Salomé,

Salomé,

le Seigneur t'a entendue; tends la main à

l'enfant, et porte-le; il sera pour toi le salut et la joie. » Et Salomé

s'approcha de l’enfant et elle le porta dans ses bras, en disant : « Je

t'adorerai, car un grand roi est né

en Israël.

Et elle fut aussitôt

guérie,

et elle sortit de la caverne justifiée.

Et une voix se fit entendre près

d'elle, et lui dit: « N'annonce pas les merveilles que tu as vues, jusqu'à

ce que l'enfant soit entré à Jérusalem. »

(07)

Chapitre XXI 0 versets ▼

Et voici que Joseph se prépara

aller en Judée.

Et il s'éleva

un grand tumulte à

Bethléem,

parce que les mages vinrent, disant : «

est celui qui est né

le roi des Juifs? Nous avons vu son étoile

dans l'Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. »

(08) Et Hérode,

entendant cela, fut troublé,

et il envoya des émissaires

auprès

des mages. Et il convoqua les princes des prêtres,

et il les interrogea, disant : «

Qu'y a-t-il d'écrit

au sujet du Christ? Où

doit-il naître?

Et ils dirent : «

A Bethléem

en Judée,

car c'est écrit. »

Hérode

les renvoya, et il questionna les mages, disant : «

Apprenez-moi où

vous avez vu le signe qui indique le roi nouveau-né?

Et les mages dirent : «

Son étoile

s'est levée

brillante, et elle a tellement surpassé

en clarté

les autres étoiles

du ciel que l’on ne les voyait plus. Et nous avons ainsi connu qu'un grand roi

était

en Israël,

et nous sommes venus l'adorer. » Hérode

leur dit : « Allez, et informez-vous de lui, et si vous le trouvez, venez m'en

informer afin que j'aille l'adorer. »

Et les mages s’en allèrent,

et voici que l’étoile

qu'ils avaient vue en Orient les conduisit jusqu'à

ce qu'elle entra dans la caverne, et elle s'arrêta

au-dessus de l'entrée de la caverne. (09) Et les mages

virent un enfant avec Marie sa mère,

et ils l'adorèrent.

Et tirant des offrandes de leurs bourses, ils lui présentèrent

de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et l'ange les ayant informés

qu'ils ne devaient pas retourner vers Hérode,

ils prirent un autre chemin pour revenir dans leur pays.

Chapitre XXII 0 versets ▼

Hérode

voyant que les mages l'avaient trompé,

fut saisi de fureur, et il envoya des meurtriers mettre à mort

tous les enfants qui étaient

Bethléem,

âgés

de deux ans et au-dessous. Et Marie, apprenant que l’on massacrait les enfants,

fut remplie de crainte ; elle prit l'enfant, et l'ayant enveloppé

de langes, elle le coucha dans la crèche

des bœufs.

Élizabeth,

informée

que l'on cherchait Jean, s'enfuit dans les montagnes, et elle regardait autour

d'elle pour voir où elle le cacherait, et elle ne trouvait aucun

endroit favorable. Et elle dit à

voix haute et en gémissant:

montagne

de Dieu, reçois

la mère

avec le fils. »

Et aussitôt

la montagne qu'elle ne pouvait gravir, s'ouvrit et les reçut.

Une lumière

miraculeuse les éclairait,

et l’ange du Seigneur était

avec eux et les gardait

Chapitre XXIII 0 versets ▼

Hérode,

pendant ce temps, faisait chercher Jean. Et il envoya quelques-uns de ses

officiers à

son père

Zacharie disant : «

as-tu caché

ton Fils? »

Et il répondit

Je suis le prêtre

employé

au service de Dieu, et je donne mon assistance dans le temple du Seigneur, je ne

sais pas où

est mon fils. »

Et les envoyés

se retirèrent

et rapportèrent

cela à

Hérode.

Il dit avec colère : «

C'est son fils qui doit régner

sur Israël.

Et il envoya derechef vers Zacharie disant : « Parle

avec franchise; où est ton fils? Ne sais-tu pas que ton sang est sous ma main? » Et

lorsque les envoyés eurent rapporté à

Zacharie les paroles du roi, il dit : «

Dieu est témoin

que j'ignore où

est mon fils. Répands

mon sang, si tu le veux. Dieu recevra mon esprit, car tu auras versé

le sang innocent. Zacharie a été

dans le vestibule du temple du Seigneur, auprès

de la balustrade de l'autel. »

Chapitre XXIV 0 versets ▼

Et les prêtres

allèrent

au temple à

l'heure de la salutation. Et Zacharie ne fut pas au-devant d'eux pour leur

donner la bénédiction,

suivant l'usage. Ne le voyant pas paraître,

ils craignaient d'entrer. L'un d'eux, plus hardi que les autres entra, et il

revint annoncer aux prêtres

que Zacharie avait été

tué.

Ils entrèrent

alors, et ils virent ce qui avait été

commis, et les lambris du temple poussaient des hurlements, et ils étaient

fendus depuis le haut jusqu'en bas. Son corps ne fut pas trouvé, mais son sang formait, dans le vestibule du temple, une masse

semblable à une pierre. Et ils sortirent

épouvantés,

et ils annoncèrent

au peuple que Zacharie avait été

tué.

Et les tribus du peuple le pleurèrent

trois jours et trois nuits. Après

ces trois jours, les prêtres

se réunirent

pour désigner

quelqu'un qui le remplaçât.

Et le sort tomba sur Siméon.

Et il lui avait été

annoncé

par l'Esprit-Saint qu'il ne mourrait point, avant d'avoir vu le Christ.

Chapitre XXV 0 versets ▼

Moi, Jacques qui ai écrit cette histoire, je me retirai dans le désert,

lors d'une sédition

que suscita à Jérusalem

un certain Hérode,

et je ne revins que lorsque le tumulte fut apaisé.

Je glorifie Dieu qui m'a donné

la charge d'écrire

cette histoire. Que la grâce

soit avec ceux qui craignent Notre Seigneur Jésus-Christ,

auquel gloire et puissance avec le Père

éternel

et le Saint-Esprit vivifiant, maintenant, et toujours, et dans les siècles

des siècles.

Amen.

NOTES.

(01)

Sur ces offrandes, consultez les Antiquités

sacrées de Reland (part III, ch. 7), ouvrage

fort estimé,

dont la sixième

édition,

celle de 1769, est celle qu'il faut préférer.

(02)

Les Hébreux

conservaient leurs généalogies

avec un soin tout particulier, dont Perizonius a fait l'objet d'une dissertation

spéciale.

Chez diverses nations de l'antiquité,

l’on retrouve des exemples de ces recueils généalogiques

rassemblés

avec exactitude et que l’on était

admis à

consulter. Synésius

de Cyrène,

dans sa cinquante-septième

lettre, nous apprend qu'il y a eu recours pour suivre la filiation de ses ancêtres.

(03)

Ce grand jour du Seigneur est certainement celui de l’une des grandes fêtes

des Juifs, mais il serait malaisé

de déterminer

s'il s'agit de celle de Pâques,

de celle de la Pentecôte ou de celle des Tabernacles. Ajoutons que les premiers

chrétiens

condamnaient aussi les jeûnes

et les signes de deuil aux jours des fêtes

solennelles.

(04)

Les plaintes d'Anne se retrouvent, plus ou moins altérées

chez divers prédicateurs

grecs ; une homélie

de Germain, patriarche de Constantinople, sur la présentation

de Marie (Biblioth. Patr.

Auctuar. Nov.,

t. I, col. 1415), les reproduit

presque textuellement

(05)

L'usage était

chez les Juifs de ne donner un nom aux enfants que quelques jours après

leur naissance. Il en était

de même

chez les Romains. Quant aux coutumes des premiers chrétiens

cet égard,

consultez l'ouvrage de Joseph Visconti (de

Ritibus baptismi,

lib. II, c. 12).

(06)

L'épreuve

des eaux amères est prescrite dans la législation

mosaïque

(Nombres, ch. V, v. 18 et suiv.) : « Le cohène

(prêtre)

prendra de l'eau sainte dans un rase de terre, et le cohène

prendra de la poussière du pavé

de l'habitacle et la mettra dans l’eau, etc. » (Voir la

Bible, traduction de M. Cahen, t. IV, p. 27.) Josèphe (Antiq.

jud.,

liv. III, ch. 13) s'exprime ainsi : « Si la

femme a manqué à

la sagesse, qu'elle meure, la cuisse droite déluxée

et le ventre en putréfaction. Mais si le mari n'a agi que par un excès

d'amour ou par son penchant à

la jalousie, qu'elle ait un enfant mâle

dans le dixième

mois. »

Ni Josèphe,

ni aucun autre ne parle de la punition du mari calomniateur; on reconnaît

l'esprit asiatique. Les Talmudistes disent que dans le cas où

la femme serait innocente si elle est stérile,

elle deviendra féconde,

si elle enfante d'ordinaire péniblement,

ses couches seront désormais

faciles, et si elle a eu des enfants noirs, à l'avenir

ils seront blancs. Grotius a laborieusement réuni

tous les passages des anciens auteurs grecs ou latins ou il est fait mention de

certaines eaux auxquelles on attribuait la vertu de punir le parjure. Semblable

usage existe encore chez divers peuples de la côte

occidentale de l'Afrique.

(07)

On peut rapprocher ce récit

de celui que nous trouvons dans un ouvrage italien très

rare et peu connu dont la

bibliothèque

royale possède

un exemplaire; il a pour titre : Vita del nostro signore Jesu Cristo e de la

sua gloriosa madre,

vergine madona sancta maria. (Bologna, Baidisera

de li Azzoaguidi, 1674, in folio.)

« Joseph

alla chercher au moment de l'accouchement deux accoucheuses du nom de Gelome et

Salomé,

la, Vierge demanda qu'il fit entrer Gelome qui voulait la voir et la toucher

suivant l'usage, et elle trouva la vierge Marie, vierge pure et nette; et elle dît

que cela ne s'était

jamais vu ni entendu, et que de même

qu'elle était

vierge ainsi elle a conçu

vierge, elle a accouché. vierge et elle est demeurée

vierge. Salomé

qui restait dehors, entendant ces propos, dit que cela n'était

pas possible, et elle voulut le vérifier.

La vierge Marie la laissa voir et

toucher, et ses mains séchèrent,

et Salomé

se lamentait de ce qu'elle perdait l'usage de ses mains et de sa profession.

Mais un ange resplendissant apparut et lui dit d'adorer et de toucher dévotement

le fils de Dieu qui la guérirait

de toutes ses infirmités,

ce qu'elle fit, et elle fut aussitôt

guérie.

(Chap. xxvi).

Puisque nous avons eu l'occasion de parler de ce

rare volume, nous allons donner une idée

du contenu de quelques-uns des chapitres.

Chapitre XIV 0 versets ▼

Beauté

corporelle de la Vierge Marie.

On peut croire que Dieu l'orna d'une complète

et honnête

beauté,

quand il se résolut

habiter dans ce corps précieux,

mais quoique formée de toute perfection, de toute beauté, de science et de vertu, jamais elle ne se glorifia, ne s'enorgueillit,

ni n'eut vanité

; elle ne devint point arrogante, comme cela est d'usage, d'où

on peut conclure que Dieu la forma de ses mains et qu'il imprima en elle toutes

les vertus et les beautés

sans aucune tache.[2]

Chapitre XV 0 versets ▼

Comment la Vierge fut nommée

Reine.

La vierge Marie et ses compagnes étaient réunies;

elles étaient

toutes fort habiles à

tisser et à

faire toute sorte de travail grand et noble. Quelques-unes donnèrent

l'avis de jeter au sort la nature de leurs travaux afin qu'il décidât

celle d'entre elles qui serait chargée

de travailler la pourpre et que celle-là

appelée

Reine ; ce qui fut fait. Ainsi, par la grâce

de Dieu, le sort désigna la douce

vierge Marie qui fut ainsi couronnée

et nommée

Reine, ce qui s'accorde bien en la signification qu'elle devait être Reine

du ciel et de la terre,

comme dit la Sainte Écriture.

L'on nous saura gré de rapporter ici au sujet de G. Postel quelques

lignes échappées à la plume si savante et si ingénieuse de M. Nodier,

lignes perdues au bas des colonnes d'un journal qui n'est plus (le

Temps, n° du 29 octobre 1835). « Postel eut l'avantage d'être

instruit dans tous les idiomes savants de la terre; il était

prodigieusement versé dans l'étude de toutes les choses qu'il est

presque bon de savoir et d'une multitude d'autres qu'il aurait été fort

heureux d'ignorer. On peut dire à sa louange que sa phrase serait assez

nette, si ses idées l’étaient jamais. Deux préoccupations qui n'ont

cessé de le dominer, et qui font, pour ainsi dire, l'âme de ses livres

les plus célèbres, enlevèrent ce prodigieux esprit à la culture des

lettres utiles ; la première était la monarchie universelle sous le

règne d'un roi français, rêve ambitieux d'un patriotisme extravagant que

nous avons vu cependant tout près de se réaliser ; le second était

l'achèvement de la Rédemption imparfaite par l'incarnation de

Jésus-Christ dans la femme et à la mysticité près, nous savons que cette

chimère n'a pas été entièrement abandonnée de nos jours. Au dix-neuvième

siècle, Postel eût certainement tenu quelque place éminente dans les

conseils secrets de l'Empereur et dans le conclave Saint Simonien, ce

qui n'empêche pas qu'il y eut en lui un fou fanatique, un fou

fantastique, un fou hyperbolique, un fou proprement, totalement et

compétentement fou, comme parle Rabelais, et ce qui prouve peut-être

qu'il y en avait deux. »

À l'égard de la beauté de la Vierge, nous pourrions citer ici une pièce

de vers du xiie

siècle, dont la singularité est grande et que M. Edelestand du Méril a

publiée dans son important recueil des Poésies populaires latines du

moyen-âge, d'après l’Essai de M. Croke on the

history of rhyming latin verse. Nous nous en tiendrons à rapporter

quelques lignes de ce chant où la naïveté va parfois jusque l'indécence.

Pulcra dorso, pulcra palis

Dentiumque serie!

Pulcra, pulcram aliorum

Formam vincis et olorum

Olorina facie.

Ave, Pulcra fauce, nare,

Cujus nemo curaxare

Potest formam graphicis...

← Liste des apocryphes

✝️ Votre éternité se joue maintenant. Sans Jésus, vous êtes perdu. Mais Christ est mort pour vos péchés et il est ressuscité : recevez-le avant qu'il ne soit trop tard. → Découvrir Jésus-Christ ✝️ Prier maintenant